Depuis un mois maintenant, au nom d’un combat contre la vie chère, le département de la Guadeloupe a cessé, sous l’impulsion d’un collectif d’une cinquantaine de syndicats et associations, toute activité. De manifestations en négociations, de revendications en concessions, le pays vit désormais à son rythme, au point même qu’on peut dire qu’il est à présent sa “chose”, qu’il manie à volonté. Le peuple guadeloupéen est derrière lui, il manifeste la même volonté que la sienne, de venir à bout de l’exploitation outrancière dans le neuf cent soixante et unième département français. Il forme les masses des manifestations que le collectif organise, il chante les slogans qu’il dicte, ce peuple est désormais uni, comme une légion, même comme une armée toute entière, contre l’abus, la duperie, la corruption, et aussi, le mépris. C’est un fait.
Une porte de sortie de conflit semble aujourd’hui être en train de s’ouvrir : après avoir refusé en bloc les propositions des élus locaux et du patronat, le LKP tient à examiner celles du Président, sans se prononcer. Ce qu’il serait facile de faire passer pour du chipotage enfantin est en fait la cause de l’attitude du gouvernement, qui a été perçue comme un manque total de respect et une preuve de mépris, suite à la rupture brutale des négociations avec le secrétaire d’État à l’outre-mer, et son retour précipité en métropole. Mais reprenons l’affaire au début.
Car c’est dès le mouvement des gérants de stations-service, qui pourtant n’avait aucun lien avec la vie chère, que la mobilisation s’est faite en faveur de ce que l’on appelle le ” liannaj kont pwofitasyon ?. Est-ce une coïncidence ou bien une manÅ“uvre savamment orchestrée de sa part ? Encore aujourd’hui, çà et là sur les blogs, les forums, ou même dans la rue, le débat subsiste encore et certains l’évitent. Mais c’est pourtant une question cruciale : de la réponse à cette question repose toute la pertinence de son message, à savoir est-ce que le peuple guadeloupéen s’est véritablement fédéré de lui-même, ou a t’il été contraint, à finalement manifester pour une cause, certes louable, et qui le concerne pleinement, mais néanmoins pour laquelle il n’était finalement pas prêt à lutter ? De la réponse à cette question nous arriverons à dire également s’il existe véritablement, ce ” pèp gwadloup ” que l’on ressasse à longueur d’interviews, et de débats, ou s’il n’est qu’une utopie, qui ne demande cependant qu’à se réaliser. Pour vérifier cela, il suffit de lui redonner l’accès à l’essence, de laisser les surfaces commerçantes se réapprovisionner afin d’ouvrir, et de permettre aux entreprises de fonctionner à nouveau. Quel soutien pensez avoir alors le collectif ?
Rien. Il n’aura à faire défiler que les bénéficiaires du revenu minimal d’insertion, des retraites, ou encore ceux qui perçoivent les assedic. Ceux-là mêmes et juste ceux là mêmes qui constituent les faibles forces que l’on retrouve quotidiennement à dresser des barrages. Mais ce n’est pas tout : encore faut-il que tous ces gens-là aient l’envie de le soutenir encore, car privés pendant plus d’un mois de tous les services, ils auront sûrement quelques démarches administratives à effectuer d’abord, afin de régulariser leur situation. Et comme c’est tout un département qui va éprouver ce besoin, il faut se préparer à ce que cela prenne un certain temps avant que les gens soient à jour. Le collectif n’y peut rien, je n’y peux rien, personne n’y peut rien, c’est là en revanche un fait, et non une lubie personnelle : la population prend toujours le temps de sauver ses propres meubles avant d’éventuellement soutenir le sauvetage de ceux des autres. Le communisme est bel est bien révolu, le socialisme n’a plus de repères, il faut regarder le monde tourner et changer, et l’accepter, au fond les membres du collectif même relayent par certains de leurs comportements, des élans de libéralisme populaire, et de capitalisme primaire : ” La gwadloup sé tan nou, la Gwadloup sé pa ta yo, yo pé ké fè sa yo vlé an péyi an nou ? n’est certainement pas révélateur d’une envie de partage et d’échanges …
C’est la première accusation qui a été faite au LKP, celle d’un mouvement raciste et indépendantiste. Mais il ne fallait pas prendre la revendication ” la priorité à l’embauche pour les guadeloupéens ” au pied de la lettre, c’est après réflexions, plus une mauvaise formulation qu’un relan de discrimination. La Guadeloupe connaît en effet un fort taux de chômage, notamment chez les jeunes, couplé au fait qu’il touche également des jeunes hautement diplômés. Ces personnes sont alors surqualifiées une fois de retour dans le département, un territoire qui comporte peu de postes à hautes responsabilités.
De plus, les entrepreneurs sont souvent métropolitains, et généralement, préfèrent employer de la main d’Å“uvre métropolitaine, ce qui exaspère la population, puisque finalement, ces initiatives ne créent pas vraiment l’emploi. Ce n’est pas du racisme exercé à l’embauche à proprement parler qui existe en Guadeloupe, mais c’est le fait que les entrepreneurs qui cherchent à monter une boîte aux antilles ne connaissent pas les réalités de ce monde, et préfèrent s’appuyer sur des méthodes de travail auxquelles ils sont habitués. Plusieurs préjugés ont cours sur les uns et les autres, qu’on soit systématiquement ” fonctionnaire ici pour quatre ans ? parce que l’on est blanc, ou ” distant d’avec les horaires et peu consciencieux ? parce qu’on a la teinte ” locale”, et bloquent ainsi le marché de l’emploi. Résultat, la plupart des jeunes chômeurs sombrent dans l’alcool et la drogue, parce que sans projet construit à rêver, à bâtir. C’est là aussi le problème des formations disponibles sur place, dont très peu préparent à des emplois existant sur le territoire départemental. Les politiques de formation ne se sont pas élaborées conjointement aux possibilités de recrutement, l’opportunisme politique et le manque de dialogue se payent lourdement aujourd’hui.
Mais revenons-en à la situation actuelle. Car à l’origine, le collectif proposait quand même une plate-forme de 146 revendications. C’est un vaste projet qui en fait ne concerne pas que la vie chère, contrairement à ce qui a été scandé, et qu’on tenterait de qualifier de populaire à premier abord, avec un souci de se faire la voix de tous les guadeloupéens. Pourtant, sur les dix chapitres de la plate-forme de revendications, seul un est consacré à la vie chère. Culture, éducation, emploi, environnement … C’est une liste de propositions de réforme de la société guadeloupéenne toute entière que l’UGTG (Union Générale des Travailleurs Guadeloupéens), tête de file du collectif, propose, mi-décembre, suite aux importants évènements de lutte en Guyane, contre le prix excessif du carburant.
Un mois après, à la mi-janvier, devant le désintéressement des élus pour ces revendications, et profitant d’une grève des gérants de stations-service, le collectif lance un appel à la grève général. Stop. Un petit point est nécessaire. Le collectif est créé sous l’impulsion de l’UGTG, à la fois syndicat et groupe de pression, à tendance indépendantiste. Les moyens de ce syndicat sont connus par les élus locaux : une forte pression, des actions violentes, et pas de négociations, pas d’arrangements à l’amiable. Plusieurs entreprises ont déjà déposé le bilan en Guadeloupe suite à des actions de ce syndicat, soi disant pour défendre le droit des salariés, dont personne ne se soucie une fois l’entreprise coulée. Ceci a toute son importance dans l’affaire actuelle, car la majorité des gérants de stations-service sont affiliés à ce syndicat. Même si leur combat porte sur la protestation contre l’installation en Guadeloupe de stations-service automatiques, leur mouvement permet au collectif de mobiliser les foules : pas d’essence, pas de circulation, donc pas d’activité. La grève générale prend alors forme. Il y a également un autre point qu’il faut préciser : Elie Domota, le secrétaire général de l’UGTG, est directeur-adjoint de l’ANPE Guadeloupe. Certains n’auront pas manqué de le relever, afin de dénoncer son statut de ” revendicateur planqué “. Seulement voilà , cela sous-entend également une autre réalité : en tant que professionnel de l’emploi, les laissés pour compte, c’est le public auprès duquel il intervient quotidiennement. C’est-à -dire que c’est une personne qui est face à une grande part des réalités, et qui sait donc quelles sont les attentes des gens les plus défavorisés, des gens qu’il côtoie également depuis son plus jeune âge, puisqu’originaire d’un quartier ” malfamé ” en marge du chef lieu.
Comme à l’accoutumée donc, l’UGTG, qui mène le cortège, pense qu’en frappant un bon coup, il va obtenir gain de cause et c’est ainsi que près de quarante mille guadeloupéens se retrouvent pour manifester pacifiquement dans les rues ” kont pwofitasyon ” (contre l’exploitation outrancière). C’est près d’un habitant sur dix. Jamais le département n’a connu pareil soulèvement, depuis la départementalisation du moins. Ceci a été un grand argument en faveur du mouvement, il faut cependant préciser que si ces manifestants ont rempli les espaces médiatiques, il n’a en revanche été fait que très peu de cas des 90% de gens absents des manifestations, qui a été l’argument lancé par els détracteurs du LKP.
Mais cet élan populaire, presque contraint, surprend les élus et sont alors organisées à la hâte, des négociations entre représentants du LKP, élus, professionnels et administrateurs compétents. Le constat est alors flagrant : aux premiers rendez-vous, les membres du collectif sont sans arguments, sans projet, avec une connaissance sommaire de la situation. Les élus et les professionnels passent plus de temps à les éclairer qu’à véritablement chercher des pistes de solutions pour sortir du conflit, qui s’enlise. Désemparés, tous en appellent à la responsabilité de l’État de régler ce conflit, ne sachant pas par quel bout commencer, puisque pour la première fois devant le fait accompli s’une situation qui en partie les dépasse.
La responsabilité de l’État Français, qui ressort à chaque difficulté. Et jamais de changement de point de vue : ” La France nous a exploité, aujourd’hui, elle doit nous supporter “. C’est inquiétant ce paradoxe qui est que ce sont les membres du LKP les plus proches des tendances indépendantistes, qui n’ont pourtant eu cesse de réclamer l’intervention du gouvernement, perpétuant ainsi les tradition d’assistanat. De plus, le patronat se refuse à admettre qu’il va falloir pour une fois faire un effort de leur poche qui ne serait pas compensé par l’État. Ces habitus sont en fait le cÅ“ur du problème guadeloupéen : toujours à reprocher à la France de maintenir les DOM en l’état de colonies, mais de leur côté ne jamais adopter de comportements permettant à l’État d’entamer une réforme statutaire dans lequel un nouvel ordre pourrait s’établir. Non pourtant, je refuse d’affirmer que ce mouvement est ce que certains tentent de faire passer pour une ” crise identitaire “, mais il se rapproche en de nombreux points d’une crise de puberté, de ce long couloir sombre qui se présente à chacun d’entre nous, séparant l’enfance de la maturité, l’imitation de la création, l’insolence de la pertinence. La preuve en est l’attitude des gens : la difficile reconnaissance de leur responsabilité dans certains de leurs actes, la violence comme seule voix, le refuge dans le silence et la colère, le refus du dialogue … Tous les symptômes de l’adolescence difficile d’une enfance maltraitée. Et c’est normal, la voilà enfin, l’émancipation qu’ont tant rêvé les intellectuels locaux et les politiques, qui ont forcés la départementalisation au lendemain de la seconde guerre mondiale. Même si la forte empreinte qu’a eue sur cette région l’action coloniale de la métropole n’est pas toujours digérée par la mentalité populaire guadeloupéenne, mal insérée au sein de sa culture, encore aujourd’hui, cette partie de son histoire, trop souvent raccourcie au mot ” esclavage “, est sans cesse le prétexte à tout ce qui dérange les guadeloupéens. Mais les mutations s’opèrent car on ne peut pourtant résumer tous les maux de la société locale à l’administration coloniale, et post-coloniale. Je laisse aux historiens spécialisés, qui sont étonnamment les grands absents des plateaux télévisés et des débats radiophoniques, le soin de l’expliquer, prioritairement bien sûr à ceux qui n’auraient pas lu les ouvrages l’expliquant déjà . J’aimerais donc d’avantage attirer l’attention des lecteurs de cet article et des membres du collectif sur les comportements de la population. En effet, proposer des revendications, ce ne peut être efficace qu’à la condition qu’elles soient adaptées à ceux qui en bénéficient. Or, il me semble que tel n’est pas le cas.
Malgré le fait qu’il s’agisse d’une révolte d’une majorité opprimée sur une minorité, nous ne sommes pas comme à l’aube de la Révolution française de 1789. Ce ne sont pas les points communs qui manquent, mais le plus fondamental diffère : ainsi, les évènements n’étaient que le fruit de toute l’action, menée pas les philosophes des Lumières dans leurs ouvrages, tout au long du siècle qui les a précédés. Malgré le caractère soudain donné à la mise en place des barricades et la prise de la Bastille, c’est une lente réflexion, et une lutte qui s’est d’abord faite par les mots, afin d’éduquer la population, et de la préparer à la multitude de situations possibles post-actes. Ce n’est pas le cas de la Guadeloupe. L’action y précède la réflexion, n’attendons pas que le système en ressorte changé.
Les propositions, les mesures annoncées, ne sont que des rustines, qui n’arrangent rien au problème de fond. Elles ne font que le déplacer. Pourquoi ? Parce qu’elles interviennent sans connaissance de ces problèmes. Aucune étude n’a été menée sur la vie, sur les sociétés dans les DOM, par le gouvernement. Bien au contraire, chaque année, il s’attache à détruire un peu plus les organisations qui avaient été mises en place pour collecter des témoignages et des statistiques, au tournant du siècle, sur ces départements, afin de proposer non plus des mesures, mais des solutions. Mais on peut aussi se tourner du côté de ces régions qui elles n’ont plus, n’ont pas cherché à mieux connaître leur population. C’est véritablement un problème de méconnaissance de l’autre : les antillais tendant vers le repli, et la métropole, favorisant l’isolation, ne se font pas face, mais sont bel et bien dos à dos face aux problèmes. Il n’y a pas de coopération, jamais le point de vue de l’un ne cherche celui de l’autre, chacun s’enferme dans ses préjugés et laisse porte close au dialogue de fond. C’est un problème d’autant plus préoccupant que c’est un schéma qui se reproduit au sein de chaque DOM : chaque groupe social refuse l’échange avec un autre, malgré les fortes mobilisations, ces collectivités ne s’expriment pas d’une voix uniforme.
Exacerbant ces tensions en Martinique, un récent reportage diffusé sur Canal+ montre bien la réalité antillaise : les revendications des uns sont récupérées par la voix des autres, chaque parti ne tenant compte que de ses propres envies, ses propres besoins, et ses propres moyens. Aucun ne propose un projet commun. Encore une fois donc, pour reprendre le questionnement du début, existe t’il un ” peuple guadeloupéen “, capable de se fédérer pour faire face aux difficultés ? Les constats et les prémices de réflexion faits à l’instant sont en faveur d‘une réponse négative. Chacun possède sa propre définition du terme ” guadeloupéen ” et pourtant, reconnaît qu’il est une part de l’héritage du monde colonial. C’est donc dans ce monde là qu’il faut chercher une partie des réponses aux problèmes d’aujourd’hui, mais une partie seulement, contrairement à l’avis des grévistes les plus extrêmes qui pense que là est la source de tous les problèmes.
En effet, la plupart de ceux-là non pas conscience, on dirait, que la crise est mondiale. Malgré leur caractère étendu, les revendications sont plutôt nombrilistes et égoïstes. Les guadeloupéens ne prennent pas part à leur manière, aux revendications faites çà et là depuis le début de la crise. Non, ce sont des revendications pour la Guadeloupe, et elle seule. Même s’il a été en apparence ” soutenu ” par les autres Dom et que le Président a répondu par un plan d’aide global pour tous les DOMs, le mouvement initial de revendications n’a pas d’yeux pour autre chose que l’archipel guadeloupéen. On a même de nombreuses fois pensé à l’hypothèse d’une poursuite du mouvement en métropole parce que soi-disant représentatif des revendications à l’échelle nationale. Mais disons le enfin, parce que c’est une idée qui a toujours implicitement été sous-jacente à ce qui se passe, les droits réclamés sont surtout pour le bénéfice de la population dite ” descendant d’esclave “, pour employer le terme politiquement correct, résumé autant par les chefs de file du LKP en coulisses que par les commentaires des détracteurs du mouvement en métropole par les termes ” noirs “, ” nègres “, ” nèg ” et autres synonymes. Pourtant, ils ne sont pas tous ” noirs ” à manifester, mais encore une fois, les antagonismes coloniaux teintent le débat, tantôt pour le justifier, tantôt pour le décrédibiliser.
Et c’est ce point qui ne peut empêcher l’étudiant en histoire averti que j’espère être, de rapprocher ce mouvement des évènements connus en Europe dans les années trente, au lendemain de la crise de 1929. L’exacerbation du sentiment ” national “, le discours redondant autour des préjugés racistes et identitaires de l’imaginaire populaire, la désignation d’un ” ennemi ” précis et tout trouvé ne sont guère différents des propos du parti Nazi allemand à propos de la France et des juifs, en période de grande crise. Bien sûr, il faut quand même nuancer cela (tout en restant vigilant), car on ne peut comparer un pays démographiquement fort et un petit département de moins d’un demi million d’âmes, pas plus qu’on ne le peut suite à un ordre mondial tout de même différent. Néanmoins, les dérives actuelles du mouvement, sont malgré leur proportion minime, à prendre très sérieusement comme les extrêmes limites vers lesquelles il ne faut pas tendre. Les limites, le cadre, c’est justement ce que l’on peine à définir en ce moment.
Et justement, à l’heure où le mouvement dégénère, il faut se poser les questions du pourquoi, afin de prévenir. On a vite mis sur le dos des plus jeunes la responsabilité des dégradations du patrimoine lors des affrontements, cette jeunesse qui se laisserait influencer par les clichés de “gangsta” véhiculés dans les productions filmographiques américaines, et dans les chansons jamaïcaines. Là encore, c’est une cible facile, la jeunesse que l’on ne fait que croiser en temps normal dans la rue, sans jamais tendre la main. C’est de même pour l’immigration illégale de haïtiens, ou de dominicains, gens que l’on méprise ici, dans le même temps où on se plaint s’être laissé pour compte par la ” maison mère “. Là encore, le changement des comportements pourrait réduire la fracture sociale et permettre une plus grande cohérence du mouvement.
Outre les dérives, les conséquences sont importante : déscolarisation, impact sur le tourisme (tout autant immédiat que sur le long terme), et on parle de plusieurs centaines d’entreprises qui développent le bilan, rien de ce qui est la conséquence de la vie chère en somme, n’a pour l’instant payé le tribut du mouvement. C’est normal, le manque d’organisation était palpable, et la mésinformation ainsi que la désinformation ont été des facteurs importants, conduisant aux troubles récents. La partialité des médias dans le traitement de l’information n’a rien arrangé à la bonne marche des opérations. L’enracinement profond des maux guadeloupéens nous pousse à penser qu’il faut faire table rase de ce qui existe et de repenser complètement notre société. Il va désormais falloir se poser les bonnes question pour ce qui va décidément être non pas la reconstruction, mais bel et bien la construction, de la Guadeloupe, et parmi lesquelles, quatre fondamentales : les faits, les envies, les besoins, les moyens.
Ce n’est pas si facile que ça, car même sur le constat des faits, tout le monde n’est pas d’accord. C’est une démarche longue qui s’entame en Guadeloupe et qui va nécessiter l’intervention de tous, des intellectuels au petit peuple, de ceux qui n’ont jamais vu autre chose aux touristes, des plus jeunes au plus âgés, avec au moins une génération entière qui va vivre cette mutation, qui va devoir se remettre en question pour être sur de donner à la Guadeloupe l’avenir qu’elle mérite. Il va falloir faire des sacrifices, des concessions, et prendre son temps de bien faire, pourtant déjà , les élus demandent un référendum en faveur de la réforme statutaire, choisir un moule sans être sur des ingrédients à disposition, et donc avant de savoir quel gâteau on veut faire, est-ce vraiment la bonne méthode ?
Le dialogue et la concertation, dans le respect et la confiance, la clé de la solution ?
” sé ansamb nou ké rivé ” (c’est ensemble que nous y arriverons)
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