L’article que vous allez lire reprend quelques explications de mon cru sur la crise actuelle, ses raisons et ses conséquences, originellement publié sur le forum Sarkostique.
Aujourd’hui l’argent qui circule est créé ex-nihilo par les banques, dans 95% des cas.
C’est à dire que c’est une ligne tapé sur ordinateur, qui n’existe pas ailleurs que sur un ordinateur, et qui ne correspond à rien de tangible dans la réalité. Cet argent n’est pas créé n’importe comment en ce qui concerne les citoyens lambdas, c’est à dire que nous devons nous engager à le rembourser avec intérêts. Quand une banque “prête”, elle crée l’argent prêté et empoche ensuite la différence (intérêts payés par le client – taux d’intérêt en vigueur demandé par la Banque Centrale) et elle détruit l’argent qu’elle avait créé.
Exemple (caricatural certes, mais donnant une idée concrète) : la banque prête 1000 euros, qu’elle crée de nulle part et qui n’existent pas en réalité, vous remboursez 1100 euros, elle file 40 euros à la BCE, elle empoche 60 euros, elle efface les 1000 euros qu’elle avait créé. Le système tourne, c’est bien.
Sauf que dans ce système, les 60 euros, vous devez, vous, les sortir de la masse monétaire existant réellement. Comme 95% de la masse monétaire n’existe pas vraiment (ce sont juste des dettes avec promesse de remboursement) il faut, pour simplifier : soit emprunter davantage pour trouver ces 60 euros, soit arriver à les extraire des 5% d’argent qui ont vraiment un équivalent en terme de richesse réelle (biens matériels, véritable production de biens, etc)
Le concept des subprimes, pour caricaturer, c’est de forcer les gens à s’endetter toujours davantage, pour qu’ils crachent toujours davantage de fric “réel” via les intérêts. Ca ne pouvait que foirer. Le concept de la bourse, c’est de faire de plus en plus de pognon virtuel en créant de plus en plus de pognon virtuel. Ca ne pouvait que foirer aussi. Cela parce que la quantité d’argent en circulation – qui ne correspond à aucun bien matériel, ou travail, ou production de bien concret, aux environs de 95% – n’a plus rien à voir avec la quantité de richesses disponibles à la surface de la terre.
En gros toujours, concrètement, nous sommes en crise parce que l’on a 95% de l’argent en circulation dans le monde qui ne vaut rien. Je caricature un peu. 95% de l’argent est juste une création pure ex-nihilo qui tient par la promesse de remboursement faite par des personnes non solvables en réalité puisque cet argent ne correspond à rien de réel ou d’existant (banques, entreprises ou personnes physiques.) — On est juste en train de s’aperçevoir qu’une partie de ces personnes sont non solvables (subprimes) mais la vérité est que l’ensemble de toutes les personnes sont non solvables. Parce qu’il n’y a que de l’argent virtuel ne correspondant à rien. D’où crise…
Le concept pour arrêter la crise, serait de prendre le problème à la source. C’est à dire de revenir dans un système où l’argent a une correspondance concrête avec le nombre de biens existants à la surface de la terre.
Cela demanderait:
=> de confisquer les revenus du capital boursier, et de détruire cet argent-là en supprimant bêtement les lignes écrites sur ordinateur. Parce qu’en majorité, l’argent en trop qui n’existe pas se trouve là , c’est donc ici qu’il convient de le détruire
=> d’imposer une limite maximum de revenus annuels, parce que tant que cela ne sera pas fait, il y en aura pour s’amuser à créer plus d’argent pour emmagasiner plus d’argent, et retour systémique du même problème
=> annuler l’intégralité des dettes des ménages modestes et de tous les Etats
=> nationaliser l’intégralité des banques
=> mettre TOUS les boursicoteurs au chômage technique au moins un temps, le temps d’assainir le système
=> procéder à une réévaluation de toutes les entreprises cotées en bourse, non pas au vu de la cotation actuelle mais au vu de leur patrimoine réel et de leur production réelle. C’est à dire un truc concret et réglo.
=> rendre aux Etats (c’est à dire aux peuple en fait) le droit d’éditer la monnaie, que ce soit directement ou indirectement
=> interdire par la suite à toute banque privée de créer de l’argent ex-nihilo, l’argent ne doit plus être créé que par une banque nationale ou internationale, dirigée par des représentants du peuple ne servant aucun intérêt privé.
=> fixer une règle contraignante au niveau de la création de monnaie, afin que la quantité de monnaie existant ne soit plus susceptible d’être trop supérieure à la quantité de biens existants à la surface de la terre.
=> planifier de nouveaux indices économiques, prenant en compte la destruction de l’écosystème dans le calcul, et l’appauvrissement des réserves naturelles.
Bon, en fait la solution en clair c’est d’abolir le capitalisme et d’en finir définitivement avec le libéralisme. Oui, on peut toujours rêver, je sais.. …
Bizarrement, je pense que la solution qui sera adoptée sera plutôt le plan B, à savoir une bonne grosse guerre mondiale…
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Ah oui. J’ai oublié.
En fait, le concept des plans type Paulson, ou Sarkozy bidule la Europe, qui veulent garantir les échanges bancaires… truc chouette. Ce sont des plans qui pourraient marcher à condition que les Etats aillent jusqu’à garantir les 95% d’argent qui n’ont pas de contrepartie en richesse réelle (ce qu’ils n’ont pas fait, pas encore, ce pourquoi le CAC 40 continue de baisser après sa superbe reprise de lundi 13 ; il va perdre encore ad minima 30% avant de se stabiliser, a priori et à vue de nez. Pas forcément en deux séances, NB !)
Seulement, ce n’est pas pour autant que l’élargissement de la garantie à tout est souhaitable. Garantir les 95% de monnaie créés ex-nihilo, cela revient, dans le concret, à prendre la parole à notre place pour affirmer que le peuple s’engage, si cela devient nécessaire pour sauver le système, à faire en sorte que les 95% d’argent fictif trouvent une contrepartie en richesse réelle. En gros. C’est à dire que le peuple s’engage à faire en sorte, à la force de ses bras et de sa sueur, à multiplier par 19 la quantité de richesse et de biens existants à la surface de la terre. En l’espace de quelques mois. En gros.
C’est une caricature. Mais schématiquement, c’est la promesse qui est faite quand on parle de renflouer les banques avec de l’argent public ou de créer des fonds publics spéciaux, de garantir les transactions bancaires, toussa... La réussite du plan passe donc par le pari fait que personne ne demandera la contrepartie réelle en biens réels. Si soudainement, tout le monde se met à demander la contrepartie réelle en “vraies choses ayant une valeur concrète”, le système implose.
Parce que le peuple ne peut pas, en l’espace de quelques mois, multiplier par 19 la quantité de richesses disponibles à la surface de la terre. Bon, je dis 19, mais c’est peut être par 100 qu’il faudrait. En fait je n’en sais rien. Mais 19 ou 100, peu importe, même simplement devoir multiplier par 1.10 ferait imploser le système (aka je pense un peu moins que ce que Sarkozy a promis à la date d’aujourd’hui…) Alors bon.
En résumé, la conclusion… Le plan de l’Europe revient à essayer d’éteindre un incendie avec de l’huile de tournesol premier prix. Je sais pas trop…
Lady M.
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Pour plus de détails: lire notre grande saga “les chroniques d’une décadence”, qui reprennent par le menu mais en expliquant plus précisément le pourquoi du comment du fonctionnement du bidule. ^_^
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1929 arrive, il s’appellera 2009.
En 2009 le dollar américain implose et embarque toutes les autres monnaies.
2009, année de la faillite mondiale et début d’un nouveaux cycle deux ans après.
Aux abris !
Oui, c’est le constat actuel bien résumé en deux lignes. Le $ repose sur les sables mouvants de la croyance en sa fiabilité. Ce que l’on appelle en terme concret un “raisonnement circulaire”:
“Dieu existe parce que c’est écrit dans la Bible, et la Bible ne peut pas se tromper puisqu’elle est inspirée par Dieu”
“Le dollar est une monnaie fiable parce que le monde à confiance en lui, et le monde a raison d’avoir confiance en lui car c’est une monnaie fiable”
En ce qui concerne Dieu, le raisonnement circulaire semble toujours tenir bon. Nous allons bien voir jusqu’à quel point celui du $ tiendra lieu de fondement de l’économie moderne… Il est possible de lancer des paris. Pour ma part, je pense que fin août verra les premières véritables fissures, et que d’ici décembre on nous proposera un nouveau système monétaire tout neuf pour remplacer l’étalon $. Montant en jeu: une authentique photo de Nicolas Sarkozy dédicacé par Casimir.
Quelqu’un relève la mise?
Bien à fous,
Lady M.