Il était une fois une petite fille du nom d’Aïcha, qui avait reçu de sa grand mère un stylo dont l’encre était semblable à de l’or. Très heureuse de ce présent, elle le mit dans sa trousse et se rendit à l’école. Dans sa classe se trouvait une autre petite fille du nom de Myriam, qui avait eu jadis un crayon de même nature, mais qui s’était malheureusement fait voler sa trousse par un élève d’un cours supérieur, qui avait depuis été renvoyé de l’école à cause de sa conduite. En voyant le stylo d’Aïcha, Myriam cru -avec sincérité- qu’il s’agissait la de son stylo perdu. Elle alla voir l’institutrice et lui dit que le stylo d’or d’Aïcha était son stylo, volé il y a plusieurs années déjà . De bonne foi, l’institutrice confisqua le stylo d’or d’Aïcha, qui en conçu une grande peine, mais ne pouvait rien dire. Le stylo d’or atterrit dans la trousse de Myriam.
Très heureuse que justice soit enfin rendue, Myriam se vanta beaucoup de son stylo. Aïcha la regardait sans pouvoir rien faire, et en conçu une grande amertume. Elle alla se plaindre à l’institutrice, qui comprit bien que le stylo d’or d’Aïcha lui avait été offert par sa grand mère et qu’elle avait fait une erreur en le donnant de la sorte à Myriam. Elle proposa donc à Myriam de partager le stylo avec Aïcha, plus exactement de le lui prêter lorsqu’Aïcha en avait besoin, et Myriam accepta. Pourtant, elle ne tient jamais son engagement de prêter le stylo, et inventait toujours des tas d’excuses pour le garder pour elle et elle seule. Aïcha devait tous les jours supporter que Myriam lui refuse de prêter le stylo, et cela la rendait de plus en plus amère. “Myriam doit avoir peur que je le lui reprenne, eh bien elle n’a peut être pas tord!” se disait la fillette. Elle se mit à la détester. Ainsi, un jour, à la récréation, elle sauta sur Myriam et lui tira les cheveux. L’institutrice les sépara et punit Aïcha.
A la sortie des cours, Myriam, qui voulait se venger d’Aïcha, lui fit un croche pied. La petite fille tomba et se foula la cheville. Elle arriva le lendemain en cours avec un plâtre, mais comme la scène s’était passée en dehors de l’école Myriam n’eut aucune punition de la part de l’institutrice pour le croche-pied.
Pendant la récréation, Aïcha, de plus en plus amère, frappa Myriam avec son plâtre. Elle se fit mal à la cheville, bien sûr, mais fit également un bleu à Myriam. Et elle retourna en punition.
A la sortie des écoles, Myriam voulu encore se venger et poussa Aïcha contre le mur qui servait de rambarde à l’allée qu’elles empruntaient. Aïcha tomba dans la rue en contrebas de cette allée, et se cassa le bras. Le lendemain, elle avait deux plâtres. A la récréation, elle se cachait dans l’encadrure d’une porte et frappa de toutes ses forces la tête de Myriam avec son plâtre. Elle se fit mal au bras, bien sur, mais Myriam avait une bosse. Aïcha fut de nouveau punie.
A la sortie de l’école, Myrieam, qui voulait toujours se venger, poussa Aïcha sur la route. Aïcha fut fauchée au vol par une voiture.
Quand elle revint en cours, quelques mois plus tard, elle était en fauteuil roulant. Elle voulait toujours se venger de Myriam, alors, à la récréation, elle se cacha au sommet d’une petite côte et attendit que passe son ennemie. Lorsqu’arriva Myriam, elle dévala la pente à toute allure sur son fauteuil et roula sur Myriam, qui eut le poignet foulé. Aïcha fut punie, une fois de plus. A la sortie de l’école, Myriam voulu encore se venger, et elle attaqua Aïcha avec ses ciseaux de classe. Elle creva un oeil à la fillette qui, pour se défendre, lui fit une méchante griffure au visage. En entendant les cris des autres élèves, l’institutrice sortit de l’école en courant et sépara les deux enfants.
Quand elle demanda ce qui s’était passé, elle trouva des enfants pour dire que c’était Aïcha qui avait commencé, d’autres pour dire que c’était Myriam, certains pour dire qu’Aïcha l’avait cherché, d’autre pour dire que Myriam n’avait fait que se défendre, d’autres encore pour dire que la vengeance d’Aïcha était justifiée, d’autres encore pour dire que sans Aïcha il ne se serait rien passé. Enfin, tous les enfants qui avaient assisté à la scène avaient leur mot a dire. Tous.
Mais il n’y en avait pas un qui se posait une autre question que celle ci: qui a commencé.
Après que les deux fillettes aient étés emmenées, chacune dans leur camion de pompier, l’institutrice rentra chez elle, effondrée par ce qu’il s’était passé à deux pas du portail de son école. Sa fille cadette, qui avait 12 ans, lui demanda ce qui n’allait pas. L’institutrice raconta la scène de bagarre. Et la fillette de 12 ans demanda comment cela était arrivé. L’institutrice raconta la bagarre de la cour de récrée avec le fauteuil roulant, et sa fille lui demanda comment cela était arrivé. L’institutrice lui raconta l’histoire de la bousculade sur la route, et sa fille lui demanda encore comment cela avait pu se produire. Et ainsi de suite jusqu’à arriver au jour ou Aïcha avait tiré les cheveux de Myriam. La fillette demanda encore pourquoi, et sa mère lui parla du stylo d’or. Du haut de ses douze ans l’enfant marqua un pause, puis, sans se soucier de savoir si il y avait ou non des preuves comme quoi le stylo d’or d’Aïcha était bien celui offert par la grand mère ou celui dérobé à Myriam, elle demanda: “Puisque ces stylos d’or ne coûtent que 3 euros, pourquoi ne pas en avoir acheté un nouveau à Myriam, afin qu’elle rende le sien à Aïcha? Il y a suffisamment de stylo d’or à la papeterie pour que même chaque enfant de la classe en ait un pour lui.”
L’institutrice comprit alors qu’au lieu de punir les écarts de violence d’une seule des deux fillettes -celle qui battait l’autre dans l’enceinte de l’école- elle aurait peut être du s’intéresser de plus près aux raisons exacte de leur différent. Aussi vrai qu’il y a plusieurs stylos d’or à la papeterie, il y a suffisamment de place pour que chacun ait un toit sûr et vive en paix en Terre Promise.
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