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Alternative au libéralisme 2
Par Lady Marwina le 2 août 2008


Quelle alternative au libéralisme ?

La première réponse qui me vient en tête… Simplement… Quelle alternative au libéralisme ? L’idéal laïque et Républicain, évidemment.

  • Qu’est-ce que l’idéal laïque et Républicain ?
  • En quoi le libéralisme est-il incompatible avec cet idéal ?

Tout d’abord, l’idéal laïque et Républicain.

Cet idéal se base sur deux choses, laïcité : tolérance de toutes les croyances dans le refus de l’éthnocentrisme et le désir d’entente de tous les peuples et le bien être de tous, bien sûr, mais aussi l’indépendance de l’état et de la formation des citoyens de tout parti-pris religieux ou dogmatique. Un état laïque est un état qui tolère les croyances hors de son sein et de l’expression de ses devoirs envers les citoyens. “Qui tolère” veut dire ce que cela veut dire: il reconnait le droit de croire, sans pour autant encourager l’endoctrinement religieux ou soutenir les cultes et leurs dépendances. (Il se trouve que nous ne sommes pas vraiment dans l’idéal laïque en France, à mon sens en tous cas, même si c’est un rien pire dans d’autres pays) La vie religieuse se trouve donc totalement détachée de la vie citoyenne dans l’idéal laïque. (et il est de fait impensable de voir un président ou un membre du gouvernement faire un signe de croix, ou afficher ses croyances de quelques manières que ce soit d’ailleurs, accepter une distinction au sein d’une religion particulière, etc etc…)

Républicain : la chose publique, l’idéal selon lequel le peuple peut et doit se gouverner lui-même. L’expression la plus courante de la République réside en la démocratie. (La démocratie qui est en soi un idéal à part entière, comme tout idéal impossible à atteindre véritablement, nous devrons donc nous contenter de modèles imparfaits trahissant ce vers quoi il faut tendre).

L’idéal Républicain n’est possible que dans le cas d’un peuple instruit, car il ne peut y avoir citoyen responsable la ou règne l’inculture. (C’est un fait, que les républicains ont amèrement constaté en 1848 lors des élections du premier président de la République Française: Napoléon, troisième du nom, qui fera 4 ans plus tard son coup d’état)

Maintenant, en quoi le libéralisme est-il incompatible avec cet idéal

C’est assez simple en fait, c’est une bête question de logique de système.
L’idéal libéral s’articule beaucoup autour de la notion de profits financiers, et de libre circulation des capitaux, enfin, toussa toussa. De fait, il exige inévitablement in finé (c’est à dire lorsque l’application du système évolue en tendant vers son idéal le plus pur et radical) par exiger un désengagement de l’état dans tous les domaines possibles et imaginables.

Or il se trouve que, de manière brute, l’état n’est pas nécessaire au fonctionnement du monde. (regardez le système féodal: il n’y avait pas d’état mais une multitude de seigneurs). Un pays, encore de nos jours, pourrait très bien fonctionner sans fonctionnaires. Nous avons l’habitude d’une police payée par l’état au service des citoyens, d’une éducation payée par l’état au service des citoyens, de routes nationales, d’eau (heh, non en fait) d’électricité (mais qu’est ce que je raconte) de télécommunications, de chaines de télé, (huh, oubliez) d’autoroutes (hon hon), de santé… huh, bref. Nous avons l’habitude que tous ces services publics (ou encore publics) soient publics. Mais qu’il soient publics n’est pas une obligation pour la survie du pays. Tout cela pourrait très bien être privatisé, y compris l’éducation nationale et la santé, le pays serait toujours là.

Par contre, si vous privatisez l’éducation nationale, et de part le fait introduisez dans le système éducatif une logique de profits financiers et de rentabilité, vous détruisez dans le même geste l’idéal de l’école laïque de jules ferry, qui se voulait ouverte à tous. Tout simplement parce que l’on éduque pas de la même manière de futur citoyens ou de futurs travailleurs: si le but de l’éducation est de former des travailleurs, alors les programmes et les formations se feront en conséquence. Si le but est de former des citoyens, les programmes et les formations se feront en conséquence. Comme il se trouve que la formation de travailleurs est rentable alors que la formation de citoyens n’apporte rien d’un point de vue profits financiers bruts, il est clair qu’une gestion libérale raisonnée de l’éducation ne peut pas s’orienter vers la formations de citoyens. Ce n’est pas possible.

Que constatons-nous aujourd’hui ?

La privatisation partielle des universités. Les universités restructurée pour former des travailleurs, parce que, comme l’a dit l’un des vice-présidents de l’université de Provence, “nous n’avons plus les moyens de former des citoyens”.

Une chose pareille ne s’invente pas, elle est dans la plus droite ligne de la plus pure logique de l’idéal libéral. L’idéal libéral s’oppose ainsi fortement à l’idéal Républicain.

Cela étant, comme nous parlons de deux idéaux, leurs formes existantes traduites dans le réel peuvent évidemment cohabiter, du moins dans une certaine mesure. Dans une certaine mesure car vous ne trouverez jamais aucun libéral pour soutenir les filières universitaires dites “improductives”, c’est à dire qui fabriquent de la matière grise avant toute chose. Comme vous ne trouverez pas un seul libéral pour soutenir un projet d’accès élargi à l’université de tout citoyen ayant au moins le BAC, accès facilité par des aides d’état y compris dans le cas de citoyen ne désirant rien de plus qu’étudier pour acquérir des connaissances et des méthodes de réflexion et d’analyse. Ce genre d’idée fait partie de l’idéal Républicain, qui est très intimement liée à un idéal de peuple instruit, mais est opposé de fait à l’idéal libéral, qui tend vers un idéal de travailleurs rentables d’un point de vue économique.

Viens alors le troisième point, qui est le suivant : et en quoi le fait de tendre vers un peuple le plus instruit possible est-il un projet de société se posant comme une alternative au libéralisme?

Mais parce que la démocratie.

La démocratie en soi est une alternative au libéralisme. Parce que le libéralisme est un système, plus ou moins compatible avec la démocratie telle que nous la traduisons actuellement dans nos vies, mais ce n’est qu’un système parmi d’autres. Il y a eu beaucoup de systèmes très différents avant, il y aura encore beaucoup de systèmes très différents après. Mais pour qu’il y ait une alternative de société possible, il faut obligatoirement que la démocratie gagne en force et en puissance, et pour cela une seule voie: celle de l’idéal laïque et Républicain.

C’est par cette voie que la démocratie pourra tendre vers son propre idéal, et par cette voie seule.

L’idéal de démocratie repose entièrement sur l’idéal laïque et Républicain, et l’idéal laïque et Républicain, quoi que l’on veuille croire ou espérer, est dans son principe essentiel, celui de l’éducation de tous, en opposition complète avec l’idéal libéral.

Il en résulte donc que l’on peut être libéral et républicain, dans la mesure des formes de républiques et de démocratie existant actuellement. Mais on ne peut à la fois porter en son cÅ“ur l’idéal laïque et Républicain et l’idéal libéral. On ne peut conseiller la démocratie dans son idéal le plus pur et le libéralisme dans son idéal le plus pur. C’est antinomique.

On peut par contre tout à fait croire que l’on concilie ces deux choses, ça, c’est possible. En particulier quand on n’a pas pu se payer le luxe de perdre son temps dans la lecture ou l’étude de philosophes obsolètes et improductifs, comme le font ces paresseux étudiants en lettres, cette lie impie de la productivité et de la rentabilité économique.

L’idéal laïque et républicain comme alternative au libéralisme, donc.

Et cela, semble-t-il, nous laisse un champ aussi ouvert que l’infini, aussi imprécis qu’une porte donnant sur le firmament. Eh oui, car c’est aussi cela la démocratie: le fait de reconnaitre et de comprendre qu’il n’existe pas une alternative, mais une infinité de possibles.

Evidement, j’ai personnellement quelques possibles parmi cette infinité qui me trottent en tête. Et peut être même qu’un jour je prendrai le temps d’en exposer encore un ou deux de plus (de ceux que j’ai déjà exposé dans d’autres fils de cette même partie). Mais ce sera un jour prochain.

En attendant, je vous laisse sur une dernière note d’espoir,

La seule société humaine pérenne est celle qui met le bien-être de tous au centre de ses préoccupations, en excluant toute autre but (notamment le profit financier). Toute société, et vous en avez tous l’intuition à défaut d’en avoir la certitude, qui ne met pas le bien être commun au centre de tout est condamnée à la décadence et à l’effondrement. C’est ainsi.

Ce pourquoi notre idéal aura un jour son heure, et tout n’est qu’une question de temps. Comme toutes les autres s’écrouleront une à une, notre société rêvée sera un jour réalité.

2 commentaires sur “Alternative au libéralisme 2”
  1. Le Gaulois dit :

    Article passionnant admirablement bien structuré. Cependant ne suis pas d’accord sur certaines vues en rapport avec la privatisation, voir même partielle, des universités. Le mot privé, du moins en ce qui concerne le savoir Académique, n’a pas la même valeur en français qu’en anglais (US) . Certains “forummeurs” français du site “Sakostique” ont été instruits aux US, c’est visible a l’œil nu, seraient d’accord a ce propos.

    J’exposerais mon point de vue ultérieurement, que je baserais sur le caractère typiquement français, en regard de deux éléments, a savoir l’esprit cartésien et pascalien qui d’âpres moi, (mais peu me tromper,) dénote une différence dans le principe du savoir acquit.

  2. Lady Marwina dit :

    En fait dans cet article, je parle bien de la privatisation partielle des universités à la française.
    Enfin, la réforme Pécresse… en somme… Qui à été décidée il y a pas mal de temps déjà, alors que Villepin était premier ministre et Chirac président, les premières bribes datent de 5 mois avant la crise de la LEC (le truc que tout le monde appelle crise “du CPE” alors que pas une fac était en grève contre le CPE mais 100% en grève contre la LEC, qui contenait entre autre le CPE et plein d’autres choses) — C’était donc bien avant que Pécresse soit nommée ministre, et cette réforme est autant sa réforme que moi je suis l’inventeur du couteau à beurre.
    Mais passons…
    Le fait à la sortie est que la France est en train de privatiser “à la française” ses universités, et c’est de cela dont je parlais dans l’article.

    Lady M.

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André Brahic est chercheur astro physicien , professeur d’université et à l’occasion il ne mâche pas ses mots ! La vidéo suivante est une pure merveille d’intelligence et d’esprit genre “quand cela s’agite dans les banlieues envoyez des astronomes avant les C.R.S !”

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