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Chroniques d’une décadence - I
Posté par Lady Marwina le 4 août 2008

Synopsis:

Le lundi 21 janvier 2008, en plein cÅ“ur de la galaxie Pognonous, c’était la crise. Soudainement, tous les journaux de Sarkoland ont titré sur l’économie : “Lundi Noir”, “la crise financière”, le CAC 40 4744.45 points… C’était une Horreur Intergalactique, la panique totale, l’anarchie était à nos portes ! Un vrai cauchemar comme dans “Red is Dead”, le film de “la cité de la peur”. Heureusement, après une héroïque intervention du Grand Bigorneau, qui avait eu dès septembre le courage de dire devant la face du monde cette vérité que tous taisaient: “la politique monétaire de la zone euro, c’est une question majeure de politique économique”* , le calme est revenu sur les bourses, mis à part un léger problème avec le prix du baril… Mais en fin de comptes tout va bien en Sarkoland puisque le CAC est relativement stable à 4300 points environ - Ce qui veut dire qu’il à repris 300 points depuis le 15 juillet dernier, de part la Grâce de Notre Sauveur Le Grand Bigorneau. Même si il n’est pas encore à son niveau de début janvier (plus de 5600 points), nous avons bon espoir, Amen. Les mauvaises langues s’étonneront du fait que l’on ne parle pas trop des récents 742 points que le CAC à réussi à perdre vis-à-vis de l’effroyable “lundi noir”, mais, bon, c’est en plusieurs mois, alors vous comprendrez lecteur que ce n’est pas bien grave puisque tout va bien dans le meilleur des mondes. Louée soit la Sainte Main Invisible du Marché, et gloire soit rendue au système économique moderne qui va tous nous sauver. Gloire au Bigorneau!

Pourtant, une question restait entière. Que s’était-il passé ce fameux lundi 21 janvier 2008 ? Pourquoi tant de haine ? La crise était-elle vraiment apparue aussi soudainement en une nuit? Était-ce un complot dirigé par des extraterrestres reptiliens changeurs de forme? Et surtout: le miracle du pipeau politique est-il assez grand pour justifier de la pertinence des actions du Grand Bigorneau en matière de politique économique ? C’est à VOUS, lecteur, qu’il reviendra de chercher les indices qui répondent à toutes ces questions, en suivant les épisodes de notre grande saga économique “Les Chroniques d’une Décadence

Pour vous assister dans cette tache, plusieurs personnages du monde de la fiction se joindront à vous, au cours des six premiers épisodes de la saison I. Vous rencontrerez également quelques économistes, comme Jean-Luc Gréau ou Joseph Stiglitz pour le bord libéral, ou Michel Husson pour le bord des vilains gauchistes (ce sont les méchants de la série, comme Satanas et Diabolo dans “ Zéphyrin le pigeon “, ils veulent toujours tout faire rater, bhou!) - Vous retrouverez aussi bien évidement les déclarations et les actions d’éclat de Notre Splendeur Le Grand Bigorneau, à travers des discours toujours plus infantilisants et des lois toujours plus rétrogrades.

_______________________________

* Réelle déclaration de David Martinon, le porte-parole de l’Elysée, le 16 septembre 2007.

Entres nous, lecteur, c’est toujours la crise . J’ajouterai même un truc: c’était déjà la crise avant janvier. Elle se voyait un peu moins, mais tous les ingrédients étaient déjà réunis, à tel point que plusieurs économistes en ont fait le sujet d’un certain nombre de livres. Certains datent de 2005 ou 2006, certes, mais on en trouve aussi de beaucoup plus anciens. Ce qui est vraiment étrange, c’est que ces alarmistes ont tendance à pointer du doigt les mêmes défaillances du système. Que ce soit Jean-Luc Gréau (un libéral convaincu indécrottable) ou Michel Husson (un ancien d’Attac), on arrive à trouver le même constat, à savoir “le système capitaliste va vraiment mal, houlaah.” Chez Gréau on dénonce les plus grosses incohérences et on essaye de proposer des solutions. Chez Husson on dénonce l’effet produit sur les populations par les incohérences petites ou grosses et on essaye de trouver des solutions… Mais en définitive on est au moins d’accord sur un point: il y a un problème grave avec le système capitaliste actuel. Les gens comme Husson le crient dans le désert depuis 20 ans, ceux comme Gréau sont plus récemment tombés des nues, mais le fait est là: même pour un libéral convaincu il est aujourd’hui difficile d’être à la fois honnête avec soi-même et prétendre que le système fonctionne.

Le premier opus de notre série, qui vous est proposé aujourd’hui, concerne les piliers du système. Pour ce premier épisode, lecteur, vous serez accompagné dans vos recherches par Numérobis, l’étonnant architecte de l’album “Astérix et Cléopatre”

“Qu’on en donne plus à ceux qui sont tout en haut, c’est normal,
mais qu’on en exclut systématiquement ceux qui sont tout en bas,
c’est parfaitement anormal.”
Nicolas Sarkozy (à propos des stock options)

Dans l’idéal libéral, la demande stimule l’offre qui s’ajuste en réponse, et la concurrence fait jouer les prix à la baisse. Cette guerre des prix stimule le pouvoir d’achat de chacun, et donc les dépenses des ménages, et donc le marché, qui gazouille gaiement dans ce monde de Bisounours. Et là, pour peu que l’état lui lâche un peu la bride en tapant sur les charges sociales des entreprises et les odieuses contraintes du temps de travail, il gazouille encore plus gaiement. Or plus le marché gazouille plus il y a d’emplois crées, de croissance, de pouvoir d’achat, enfin: c’est un cercle vertueux magique qui fait que tout le monde est heureux… Et comme l’a déclaré Le Grand Bigorneau en personne, “Je veux remettre le travail au cÅ“ur de nos politiques publiques, car sans travail, il n’y aura pas d’amélioration du niveau de vie des Français, et sans travail, il n’y aura pas de plein emploi.”1 Déclaration d’une grande pertinence et d’un grand courage s’il en est, surtout lorsque l’on voit l’état actuel du système libéral (cf illustration).

Voici donc, dans les grandes lignes, ce que l’on daigne présenter au citoyen moderne en guise de programme politique. Plus plat et plus inconsistant, il y à les test psychologiques des magazines d’astrologie. Jouez aussi à exhumez un discours de Sarkozy à la veille des présidentielles, vous verrez que l’essentiel y est: privatisation et chute des prix, baisse des charges sociales et création d’emploi, temps de travail alourdi et pouvoir d’achat, grande magie du système libéral. C’est bien sur ce genre de promesses qu’il s’est fait élire. D’une manière générale, si la politique libérale a encore cours aujourd’hui c’est principalement parce qu’il y a assez de gens pour croire, au moins l’espace d’une élection, que le grand palais libéral promis sortira un jour de terre beau comme dans Astérix, et qu’il y aura un grand banquet à la fin pour tous les gaulois.

Les futurs locaux de la Société Générale

C’est là que nous avons un problème.

Parce qu’en fait, dans notre monde tout ne marche pas comme dans une BD d’Astérix… Et Numérobis, dans la vraie vie, a bel et bien percé, mais comme trader à la Société Générale et non pas comme architecte. CV impeccable pour le job, il était dans son élément, il vit aujourd’hui heureux entre son nouveau bureau et les places boursières. De temps en temps, il prend une semaine de vacances bien mérités sur le yacht d’un ami milliardaire…

Intuitivement, nous savons tous que ce système, la bourse, le marché, l’économie mondiale, est complètement tordu. D’une complexité à décourager les meilleures volontés pour qui n’est pas guidé par l’intéressement financier. Et nous savons qu’il ne tourne pas rond, du moins, pas pour tout le monde. Mais l’analogie entre le système capitaliste libéral et Numérobis ne serait pas complète si les dysfonctionnements et les incohérences du système s’arrêtaient à ce que peuvent ressentir tous les déçus de la politique libérale actuelle. La déception face à des promesses intenables et irréalistes est une chose. La réalité de l’organisation architecturale du système actuel en est une autre. Et c’est lorsque l’on y regarde de plus près que l’on commence à comprendre le pourquoi du comment de la crise actuelle. Explications.

Le système actuel tire aujourd’hui sa principale force de la croyance commune dans le fait que le bonheur de tous passe par la santé du marché gazouillant, selon la théorie des “retombées plus” (= quand les riches s’enrichissent beaucoup et encore plus, les autres finissent par avoir aussi leur part du morceau). Théorie toujours très en vogue qui, expliquée pédagogiquement, nous donne par exemple ceci: “[...] détourner de l’économie française des femmes et des hommes qui voulaient y investir sous prétexte qu’on déteste la réussite, c’était une erreur stratégique majeure. Parce que dans nos départements, on est bien content d’avoir quelques familles et quelques entrepreneurs personnels qui investissent leur argent pour sauver la boîte qui, sans eux, n’intéresserait personne, [...] C’est la raison pour laquelle, et cela vous concerne très précisément, j’ai eu le courage, je le crois, de faire en 9 mois le bouclier fiscal à 50 %, CSG comprise. “ 2 Par extension de cette théorie, tout pauvre est en grande partie responsable de sa situation de part sa mauvaise volonté à entrer dans le système : “On ne peut pas être dans un pays où il y a 1 900 000 chômeurs d’un côté et 500 000 offres d’emploi non satisfaites, il y a un moment où chacun doit comprendre que les droits sont la contrepartie des devoirs. “ 3 — Politiquement parlant, il est plus facile de faire croire qu’il n’y à que de vraies offres d’emploi à l’ANPE et que tout chômeur doit se ruer avec empressement sur le moindre CDD de quelques mois payé au SMIC (57.70% des offres déposées à l’ANPE en juin 2008 sont des CDD de moins de 6 mois, le nombre de CDI n’est pas donné dans les statistiques4 ). Dans cette logique, tous ceux qui ne le font pas sont des fraudeurs et le système n’a pas à être remis en cause sinon pour être durcis. Ce discours n’est qu’une sorte de course en avant à l’hypocrisie, qui a pour principal but d’éviter que le citoyen lambda se sente la soudaine envie de se renseigner concrètement.

Même renseigné, il reste difficile d’agir car le système libéral dans lequel nous sommes est actuellement totalement hégémonique, et le seul qui existe, méprisant toute autre alternative. Comme Numérobis qui devait construire un palais pour César en l’espace de trois mois, le défi est de taille à n’être relevé par personne : une société toute entière ne peut se reconstruire entièrement en un jour, car les évolutions pérennes sont toujours très lentes (regardez le chemin parcouru depuis le siècle des lumières jusqu’à aujourd’hui). Le monde actuel vit dans ce système et pour se système, et il ne pourrait pas s’en passer brusquement sinon dans le sang car il est impossible de réorganiser la planète entière du jour au lendemain sans passer par le chaos et la guerre. En l’état actuel des choses, la santé du fameux marché gazouillant est effectivement un impératif au bonheur de ceux qui ont une chance d’être heureux sur cette terre: c’est à dire les foyers pas trop pauvres vivant dans des pays stables politiquement et économiquement. Même si il est notre droit de le regretter, c’est ce système qui nous nourrit et nous ne pourrions, dans l’état actuel des choses, vivre sans lui. C’est une première chose essentielle à comprendre pour juger du bâti principal de ce système, celui qui aujourd’hui fait tenir tout l’ensemble: le fait que chacun devine qu’un écroulement soudain du système serait obligatoirement catastrophique pour tout le monde. Tendis qu’aujourd’hui ce même système n’est catastrophique que pour 80% des personnes vivant sur cette terre (les 80% qui se partagent 20% des richesses), et comme ces 80% vivent plutôt loin de nous il est tout de même plus simple et plus vendeur, politiquement parlant, de se contenter de faire en sorte que les dit 80% restent bien loin de chez nous. C’est abject, mais c’est ainsi la loi du plus fort.

En définitive, mieux vaut un système minable qui donne l’illusion de marcher plutôt que de se risquer à tout perdre pour construire quelque chose de mieux. Cette idée fort répandue chez les 20% les plus riches de la population mondiale est le fondement principal -et unique d’ailleurs- de la solidité de notre système actuel. Cette idée est le veau d’or du capitalisme, devant qui on se prosterne, un pieu vÅ“ u de foi et de soumission. C’est également la seule chose qui fonctionne encore correctement: le conditionnement des masses à accepter la situation présente sans broncher.

Mais voyons à présent comment ce magnifique veau d’or est installé.

Les piliers forts de l’économie changeant lentement au cours du temps, il est bien entendu que je parle de l’état actuel des choses, le système à fonctionné autrement par le passé et il changera sans doute encore.

Pour soutenir le veau d’or, l’économie mondiale actuelle à quatre principaux piliers qui sont:

- la solidité du marché immobilier, en particulier le marché immobilier américain.

- la capacité d’emprunt des ménages US, qui s’appuie sur la solidité du marché immobilier américain

- de l’énergie abondante et bon marché (pétrole en particulier)

- un $ fort, qui s’appuie un peu sur tous les précédents piliers.

Je ne reprendrai pas chacun de ces points par le menu vis-à-vis de l’état actuel de la crise, mais enfin, pour résumer, la conjoncture n’est pas géniale.

A ce stade là de l’épisode, le lecteur à principalement deux choix: espérer que je dise des bêtises ou comprendre combien l’analogie avec les constructions de Numérobis est belle, poignante, magnifique, appropriée et en un mot: d’actualité.

Voyons à présent comment s’organise la chose en détail. Une relecture en parallèle du programme politique de l’UMP vous permettra de comprendre que c’est avec sincérité (bien que sans modestie) que le Grand Bigorneau se voit en sauveur du monde (libéral), ses actions ayant véritablement pour but d’essayer de tenter un sauvetage des meubles en situation désespérée.

Actuellement, enfin, disons plutôt jusqu’à récemment, les échanges mondiaux étaient principalement tournées vers les Etats Unis. Ils remplissaient deux rôles de premier ordre:

- Premièrement, l’édition via la FED de la monnaie de référence des marchés internationaux (le $). Je précise ici que la FED est un organisme privé tenu par des banquiers du privé, la manière dont ils ont obtenu le droit de frapper monnaie sera traité au prochain épisode. Dans un monde ou la monnaie est fiduciaire, les banques centrales assurent en partie la valeur de leur monnaie (par exemple celle de l’euro) sur des réserves faites dans la monnaie de référence (en l’occurrence le $) - il en résulte que la valeur du $ est un élément déterminant de la stabilité des monnaies du monde entier (c’est à dire de l’inflation). On ajoutera que la dette énorme des USA est libellée en $, et que donc par voie de fait si le $ baisse leur dette baisse de même et d’autant, ce qui est plutôt ennuyeux pour les pays préteurs (les autres pays du globe) qui se font du coup avoir avec tous égards nécessaires. C’est entre autres en ce sens qu’un € trop fort est une mauvaise chose pour les libéraux.

- Deuxièmement, le rôle de principal client du marché mondial. La balance commerciale des USA est extraordinairement déficitaire, parce qu’ils achètent énormément, bien plus que leurs moyens ne devraient leur permettre, ce qui permet dans le même temps à tous les autres pays du globe de leur vendre beaucoup . De fait, tous les autres pays du globe ont plutôt intérêt à ce que les USA continuent d’acheter, et donc nécessairement de s’endetter. C’est un autre problème de l’€ fort, qui rend nos marchandises plus chères (en $) pour le principal client des marchés mondiaux.

C’est à ce propos que Jean-Luc Gréau écrivait, il y a trois ans, “La fuite en avant du système mondial vers toujours plus de déséquilibres laisse entière la question de son rééquilibrage in fine. Nous savons intuitivement qu’il n’y aura pas d’éternel retour de la prospérité américaine. L’heure de vérité sonnera quand les États-Unis se verront contraints, pour une raison ou pour une autre, de modérer leur demande.” 5

Décidément emporté dans un élan d’optimisme, Gréau écrivait encore: “Aujourd’hui, il suffirait que l’un quelconque des pivots matériels du système se casse - la cote du dollar sur le marché international, la capacité des banques dans une économie en vue, la solvabilité des États dans les sociétés atteintes par le vieillissement démographique ou celle des fonds de pension anglais et américains installés sur les sables mouvants des bourses mondiales - pour que la château extraordinaire du capitalisme dernier cri soit menacé de ruine” 6

Si nous résumons la situation, nous avons d’un côté des faits et de l’autre un économiste, tout ce qu’il y a de plus libéral et tout ce qu’il y a de plus converti au capitalisme, qui nous parle ici de risque de ruine du système , et là d’heure de vérité pour peu que les dit faits se produisent un jour . Heureusement, lecteur, Le Grand Bigorneau est là et il est à même d’agir de manière efficace et précise. Vis-à-vis de ces deux premiers points, l’action politique française se concentre ainsi sur deux fronts principaux :

- premièrement, critiquer les positions de la BCE, afin entre autre de susciter des remarques telles que : ¬´ La valeur informative des propos du président est nulle, et leur impact sur les décisions monétaires l’est aussi ? (Axel Weber, président de la Bundesbank),

- deuxièmement, trouver que l’euro fort est la source de tous nos maux.

C’est évidement grâce à ce double axe d’actions d’éclat que la France à toutes ses chances d’encaisser harmonieusement les volutes délicates et les soubresauts subtils de la crise actuelle.

Observons à présent les autres piliers. Premièrement, nous avons la santé du marché de l’immobilier et la capacité d’endettement des ménages US. Ces deux points sont intimement liés, puisque c’est la santé du marché de l’immobilier qui assurait la solvabilité des ménages les plus modestes. Cette solvabilité des ménages, y compris des plus modestes, est d’une importance de premier ordre puisque c’est ce qui permet aux USA d’acheter autant. C’est un peuple qui consomme à outrance en s’endettant. Si les USA sont le premier client du monde, c’est parce que les ménages US s’endettent. D’où le problème direct qui en découle: à savoir le fait que l’équilibre actuel du marché repose sur la capacité des ménages US à s’endetter encore d’avantage. Reprenons Jean-Luc Gréau, qui à définitivement trop bien joué son rôle de Cassandre: “[...] le surendettement de certains ménages n’a jamais jusqu’ici entraîné de crise majeure de solvabilité pour la grande masse des consommateurs. Peut-être est-ce là la raison de l’indifférence relative affichée par les économistes vis-à-vis de cet élément. Après avoir longtemps ignoré le crédit aux ménages comme facteur de croissance, la théorie économique éprouve un mal persistant à l’intégrer à ses analyses et à orienter ses prévisions en fonction du paramètre déterminant qu’il constitue aujourd’hui.” 7 Ces quelques lignes étaient écrites avant la crise des subprimes, qui est un brillant exemple de crise majeure de solvabilité pour une grande masse de consommateurs .

Rappelons sur ce point précis qu’une des promesses de campagne du Bigorneau était de rendre possible en France un système de crédit à l’américaine, ou la valeur du bien immobilier acquis fait office de garantie de solvabilité pour les banques. Soit précisément le système des “subprimes”, qui connait aujourd’hui le succès que l’on sait.

Dernier point, l’énergie bon marché. Une énergie bon marché est essentielle car la productivité et la rentabilité de nos industries modernes repose entièrement sur cet avantage. Le pétrole et l’électricité (cette dernière étant en partie produite par les énergies fossiles) sont absolument essentiels à la survie de notre société pour la bonne raison que nous ne sommes plus du tout équipés pour nous en passer. Nous en consommons des quantités impressionnantes, et les actions allant dans le sens d’une limitation du gaspillage sont plus que marginales. Devoir du jour au lendemain réduire de moitié notre consommation (par exemple si le prix du baril triplait en peu de temps) serait dramatique pour nos entreprises modernes. Les faillites qui s’en suivraient seraient surmontables pour l’économie, bien sur, mais à condition de pouvoir compter sur la solidité du $ et de pouvoir relancer la consommation des ménages.

A défaut, changer complètement de système devient vraiment urgent. Disons que nous avons trois mois, et qu’a défaut de tenir les délais imposés pour la construction du palais, Cléopatre nous jettera aux crocodiles.

Heureusement, toujours heureusement, Numérobis peut compter sur ses amis gaulois. Regardez de près le gouvernement, et en particulier la grande argentière Christine Lagarde: son gros nez la trahit. C’est en réalité le druide Panoramix8 déguisé, qui s’est rasé la barbe pour passer inaperçu. En un tour de marmite, sa potion magique va tous nous sauver.

Ou peut-être pas…

__________________________________

1 Nicolas Sarkozy – VIIe Edition des Entretiens annuels de l’ASMEP , Le Sénat – Mercredi 5 mars 2008

2 Même personne, même discours.

3 Toujours le même. Il est très fort.

4 Retrouvez toutes les statistiques sur le site du ministère du travail — Les statistiques pour le mois de juin 2008 sont disponibles en PDF ici

5 Jean Luc Gréau, L’avenir du capitalisme - le débat Gallimard, 2005 - p. 31

6 Ibid, p.26

7 Ibid p.54

8 Je prie tous les fans de Panoramix de bien vouloir me pardonner cette dernière plaisanterie. J’aime moi-même beaucoup Panoramix, un de mes personnages préférés avec Cléopatre.


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