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…Et bonne année 2009 !
Par Timbur le 21 décembre 2008

C’est la fin de l’année.

Le piédestal européen se dérobe et il va bien falloir songer à revenir aux affaires pour le président du self-pouvoir.

Et les affaires se présentent mal.

Aussi, est-ce pour se regonfler le moral avant de redescendre sur terre que Sarkozy s’auto-congratule avec autant d’enthousiasme de son bilan à la tête de l’Union (objectifs atteintes “bien au-delà”, résultat “historique” pour le climat et autres superlatifs évoqués par le dernier Canard Enchaîné…) ?

Est-ce par crainte de se voir, un jour, jugé pour la politique destructrice et dépravée de son gouvernement, condamné au supplice dit de la “chaussure taille 44″ à l’instar de ce président déchu, dont il ne ménage pas ses efforts pour faire oublier qu’il était son modèle revendiqué ?

…Bref. Les choses se présentent plutôt mal en cette fin 2008. Pour tout le monde, certes. Mais nous avons l’immense avantage, en ce qui nous concerne, de ne pas affronter là une nouveauté.

A l’heure où les amis qui l’ont placé sur le trône se frottent les mains, sur le point de recevoir pour Noël des cadeaux bien juteux (comprendre rémunérateurs) sous l’aspect de réformes de l’audiovisuel public, “d’états généraux” de la presse ou de lois sur le commerce en Afrique, Sarkozy pourrait bien mesurer le prix dont il faut s’acquitter quand on prétend vendre son pays et sa République.

La léthargie du peuple de France, avérée jusque-là et savamment entretenue il est vrai, semble montrer quelques failles. Timides certes, mais qui dénotent et font tâche sur le tableau bien lisse du consensus affirmé jusqu’ici avec tant d’arrogance.

Et la crise a bon dos.

tataneries

(Merci à Kiosk)

Bande de sauvageons, va.

On pense évidemment aux mouvements lycéens qui au cours de la semaine passée, n’ont pas ménagé leurs efforts pour affronter l’inertie gouvernementale et la réforme Darcos.

Celui-ci, contraint d’annoncer le report de ses projets “après concertation” avec le grand patron, a donné le premier coup de cutter dans le paysage décomplexé du parti au pouvoir.

La vigilance reste de rigueur bien sûr, d’autant que l’on ne sait pas dans quelle mesure les suppressions de postes par milliers seront, elles aussi, reportées…

Mais la langue de bois des uns n’entame pas les convictions des autres. Un recul est un recul, quel que soit le nom que l’on donne au mouvement comme au “champ de bataille”.

Et à compter de cet instant, il est avéré que la chose n’est plus impossible.

On aurait tort cependant de ne considérer la question que par ce qu’elle a de plus ostensible.

Les successifs “plans de relance” mis en place face à la crise, à l’efficacité auto-proclamée plutôt qu’évidente, ont fortement marqué les esprits par l’ampleur de leur démesure. Tout comme la propension qui s’en dégage à récompenser les coupables. Bien sûr, il ne s’agit pas de faire abstraction de ce qui justifie, aux yeux d’un technocrate, les différences de traitement entre un système économique malade de lui-même et les milliers d’hommes, femmes et enfants qui en sont les victimes.

Mais qu’importe : la pluie de milliards a porté un sacré coup (puisque apparemment besoin en était) à la crédibilité des dogmatistes du pragmatisme politique.

-Le concept “d’identité nationale” atteint ses limites au moment où Hortefeux, fier de ses chiffres, s’apprête à passer le relais : un prix Nobel de littérature use de sa voix pour faire annuler un charter de la honte, et le monde apprend que la France n’hésite pas à expulser des réfugiés vers un pays dans lequel elle se trouve elle-même en guerre.

-Des idées aussi “brillantes” que l’incarcération des mineurs dès douze ans suscitent un tel tollé qu’elle entraînent un désaveu presque aussitôt.

Dans le même esprit, ceux qui prétendaient fliquer les bambins dès la garderie ne soulèvent plus l’enthousiasme général auquel ils pouvaient prétendre au début de leur mandat.

-De François Fillon à Rachida Dati, de Bernard Kouchner à Rama Yade, de Rama Yade à Christian Estrosi, de Xavier Bertrand à Jean-François Copé, de Jean-François Copé à Nicolas Sarkozy, de Daniel Guarrigue à la porte de l’UMP : le front arrogant de l’UMP se fissure.

-Les magistrats soutiennent leur indépendance malgré tout, certains poussant l’audace jusqu’à désavouer de façon à peine voilée le Lider Proceduro dans l’affaire dite des “poupées vaudoues”.

-Les postiers ne désarment pas, et ont pu mesurer un certain attachement de l’opinion à l’identité publique de leur entreprise.

-Les urgentistes n’hésitent plus à communiquer sur le désastre qu’est le sacrifice de l’hôpital public au profit du privé.

-Les SDF s’obstinent à mourir dans la rue, quand les français ont de plus-en-plus de mal à se loger, même en travaillant.

-Des entreprises qui, il y a peu, s’enorgueillissaient de bénéfices records usent de la crise pour licencier encore davantage de monde.

-Parmi ces entreprises, certaines sont sévèrement mises à l’amende ( 575,4 millions d’euros !) pour avoir légèrement substitué leurs propres règles aux lois du marché, dont d’aucuns guignols vantaient encore récemment l’infaillibilité.

-De fait, les chiffres du chômage sont lamentables et entraînent dans leur chute bien des dogmes sarkozistes sur la volontarisme et la “valeur travail”.

-Enfin, et surtout peut-être, l’opinion ne paraît plus autant cliente à l’intoxication facile.

Suite aux sabotages de caténaires, elle ne semble pas avoir montré autant d’enthousiasme qu’escompté à mettre le pied dans le piège “terrorisme anarcho-gauchiss” grossier que lui tendaient le pouvoir et ses complices des grands médias (mais deux jeunes gens sont toujours en prison !).

On le voit aujourd’hui : même la présence d’explosifs dans un grand magasin parisien suscite des réactions prudentes de la part de ceux qui, il y a quelques semaines à peine, se posaient en cadors de l’ultra-sécuritarisme.

Bien sûr, il ne faut pas se leurrer.

Cette récente réticence du peuple français à ne regarder que le doigt qu’on lui montre reste somme toute relative.

Mais il n’est pas exclu qu’enfin, il reprenne conscience de ce en quoi ses intérêts et ceux de ces gens au pouvoir sont divergents, voire opposés.

Puisse l’espoir être permis de voir enfin, peut-être, les choses bouger pour bousculer ces parasites de la République dans leur suffisance

Peut-être dès janvier ?

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