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Français issu de …
Posté par Raja le 6 octobre 2008

l’immigration

 

 Un mot vaut une idée dans un pays où l’on est plus séduit par l’étiquette du sac que par le contenu

Honoré de Balzac

 

Tel est le dénominatif que l’on donne aux enfants nés en France et dont les parents sont immigrés.

Pourquoi donc fait-on une distinction, parfois après 1,2 ou 3 générations ? Cela supposerait-il qu’il y a des français et des sous-français ? Que l’on reste immigré de père en fils et de mère en fille ?

Tant de questions se posent sur cette vision des enfants « d’origine étrangère ». Ce terme « issu(es) de l’immigration » est révélateur d’un conditionnement lexical à l’exclusion et à la discrimination…Si l’on fait une différenciation entre nos concitoyens, comment leur demander d’accepter que dans notre pays la diversité soit une force ?

Il faut donc se méfier de la malpropreté des mots et de leur valeur réductrice.

 

Pour commencer plusieurs préjugés et prénotions sont diffusés sur ces minorités. Leur synthèse dresse un portrait pour le moins caricatural de l’individu « issu de l’immigration » :

Il est l’opposé de l’occidental donc inintégrable .

Il est systématiquement pauvre, position sociale inférieure, musulman, issu de banlieue…

Communautariste par vocation, si l’on part du principe que le lien avec le pays et la culture d’origine font de lui un français moindre, qu’il n’est assimilable que dans son propre groupe, et que sa culture différente l’exclu par automatisme.

 

Il doit donc absolument être maintenu à l’extérieur de la communauté nationale, il doit garder le rôle de son père, l’ouvrier des 30 glorieuses.

Comment continuer à le domestiquer, si ce n’est en l’étiquetant  « jeune issu de l’immigration ». I l ne doit surtout pas sortir du rôle qu’on lui attribue.

Il devient si réconfortant, et moins perturbant de voir un maghrébin bruler une voiture plutôt que devenir médecin, un africain vendre des grigri plutôt que revêtir la robe d’un avocat.

Rester à sa place pour ne pas perturber le bon citoyen défenseur des glorieuses valeurs pétainistes…

 

Ce qu’il est difficile de comprendre pour les plus obtus d’entre nous c’est que deux identités, même différentes, peuvent se compléter pas forcément s’exclure, que le lien de proximité avec le pays d’origine est dû au fait que les parents en soient originaires et y restent attachés ; ils y ont des biens, de la famille et y voyagent fréquemment.

Cette double culture que l’on accuse d’empêcher « l’intégration » de sujet français, aberration que de demander à un poisson de marcher sur la terre ferme.

Cette accusation fausse relève d’une idée reçue qui voudrait que les familles nord-africaines aient une culture rétrograde en opposition avec une culture française perçue, en comparaison,  comme libertaire.

Comment appliquer à des français un processus conçu à l’attention d’étrangers ?

 

Les enfants de parents immigrés héritent seulement de ce rôle d’éternels transplantés, juste issus d’un processus, pas hommes de chair et de sang mais rouages d’un mécanisme inhumain. Pas de parents ni d’histoire, simplement rejetons de « mère immigration », génitrice abstraite, garante de la continuité.

Privés d’une histoire, d’un passé, être en France sans l’être vraiment, être français sans l’être…comment espérer leur redonner leur pleine existence, leur permettre de construire leur identité si on leur vole leur histoire ?

 

"Le point de départ de l’élaboration critique est la conscience de ce qui est réellement, c’est à dire un "connais-toi toi-même" en tant que produit du processus historique qui s’est déroulé jusqu’ici et qui a laissé en toi-même une infinité de traces, reçues sans bénéfices d’inventaire. C’est un tel inventaire qu’il faut faire pour commencer" Edward Saïd

 

Alors qu’attend-on de ces Français ?

Assimilation, intégration, acculturation…termes aussi abject que négatif quand on ne sait pas les employer.

 

Définition du HCI( Haut Comité à l’Intégration) 

Intégration : Du latin integrare : rendre entier, action de faire entrer une partie dans le tout.

 

"L’intégration consiste à susciter la participation active à la société tout entière de l’ensemble des femmes et des hommes appelés à vivre durablement sur notre sol en acceptant sans arrière pensée que subsistent des spécificités notamment culturelles, mais en mettant l’accent sur les ressemblances et les convergences dans l’égalité des droits et des devoirs, afin d’assurer la cohésion de notre tissus social." (L’intégration à la française, Rapport du Haut Comité à l’Intégration, 1993)

 

Peut-on donc parler d’intégration quand notre sol est aussi le leur ?

 

Le HCI ajoute encore : Le terme d’intégration (généralement référé à la situation des immigrés installés de façon durable dans le pays d’accueil) désigne à la fois un processus et les politiques qui ont pour objet de faciliter sa mise en œuvre.
Mener une politique d’intégration, c’est définir et développer des actions tendant à maintenir la cohésion sociale au niveau local comme au plan national, de sorte que chacun puisse vivre paisiblement et normalement dans le respect des lois et l’exercice de ses droits et de ses devoirs. Ainsi conçue, une politique d’intégration ne concerne pas seulement les immigrés ; elle n’en doit pas moins prendre en compte les problèmes particuliers que peuvent poser certains d’entre eux.
L’intégration n’est pas l’assimilation : elle ne vise pas à réduire toutes ses différences. L’intégration n’est pas non plus l’insertion car elle ne se limite pas à aider les individus à atteindre des standards socio-économiques. L’intégration demande un effort réciproque, une ouverture à la diversité qui est un enrichissement mais aussi une adhésion.

http://www.hci.gouv.fr

Là encore, pourquoi parle t’on d’intégration quand on parle de jeunes français ?

Faut-il comprendre que là encore nous avons affaire à des français entièrement à part, incapables de l’être à part entière.

 

Par les mots, on crée l’exclusion et la discrimination.

Revendiqués comme principe d’Etat, depuis la création d’un ministère de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire, qui par son intitulé prouve qu’au plus haut niveau les erreurs d’association sont commises. A dessein ?

Mettre immigration et identité française dans le même intitulé revient à sous-entendre que l’une est dangereuse pour l’intégrité de l’autre, quelle forme les enfants d’immigrés peuvent-ils donc donner à leur identité nationale ?

Xénophobie d’état, racisme lexical…

 

A trop refuser ce qui nous parait étranger, l’on risque de passer à coté d’une chose essentielle.

 

Jadis, existait un pays où le Roi aimait s’occuper lui-même de son jardin.

Un jour, voulant tailler ses fleurs, il fut blessé par les épines qui ornaient une branche d’un arbre qu’il avait planté. Cet arbre lui avait été offert comme cadeau par un roi d’une contrée lointaine.

Cet arbre était un rosier qui n’avait pas encore fleuri. Le roi qui  n’avait jamais connu ce qu’est une rose ni vu de rosier, décida de le couper, et d’interdire à tous ses sujets de planter un tel arbre.

Son royaume ne connut jamais ni la beauté de la rose, ni son doux parfum.

En plus, croyant que le roi qui lui avait offert l’arbre voulait l’empoisonner, il lui déclara la guerre.

Saïd Bailal

 

 


2 commentaires sur “Français issu de …”

  1. Marco dit :

    Je suis totalement pour des SOCIETES MULTI RACIALES………..

  2. Raja dit :

    Tout comme moi très cher marco …
    Cela sera le moyen d’arrêter de considérer les gens en fonction du degré de pigmentation de leur peau.

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