
Vous connaissez Frédéric Lordon ? C’est un économiste. Il a une vision vraiment pertinente de la situation actuelle.
Le problème, c’est qu’il ne passe pas à la télé.
C’est dommage, mais bien compréhensible, à vrai dire.
S’il passait, par exemple, chez Denisot, au Grand Journal de Canal+, il y a fort à parier qu’entre une star du porno et un chanteur pour ado, il ait un peu de mal à expliquer ce qu’il veut dire. Surtout qu’il est beaucoup plus à gauche qu’Apathie. C’est bien peu de le dire.
En fait, on peut imaginer la situation : un assistant aurait préparé les questions en regardant cette vidéo sur le site Arrêt sur im@ges. En regardant le titre, d’ailleurs. L’émission dure 1h30, faut pas déconner.
Donc, Denisot lancerait la première question : “Alors, Frédéric Lordon, pour sortir de la crise économique mondiale, ce que vous proposez, c’est une nationalisation des banques ?”
Là , Lordon, qui est un magnifique orateur, mais qui serait quand même coincé, répondrait oui et tenterait d’en dire plus.
Mais il est probable qu’avant qu’il puisse expliquer la chronologie de la crise, les erreurs des médias qui font preuve d’euphorie trop rapidement quand le CAC 40 fait des bonds, quand ils se trompent en ne regardant que cet indicateur, au lieu de regarder à quel taux les banques se prêtent de l’argent…
Bref…
Apathie lui couperait la parole : “Ce que vous dites est absurde ! Nationaliser les banques ? Alors que les Etats sont endettés ? Vous n’y pensez pas ?”
Alors, en deux mots, il faudrait expliquer que les Etats ont mené une politique absurde en défiscalisant les riches tout en étant incapables de réduire les frais sociaux à la même vitesse, par exemple.
Il faudrait aussi dire que les banques courent de toute façon à la faillite, dans ce système absurde dans lequel on bouche des trous avec d’autres trous, mais que dans un cas, en les renflouant bêtement comme on fait là , les actionnaires et les simples péquins qui ont leurs économies à la banque (vous et moi, quoi) vont crever. Mais quand dans l’autre cas, celui où on nationaliserait les banques seuls les actionnaires y laisseraient leur chemise…
Mais bien sûr, sur le plateau de télé, on en serait déjà aux adolescentes boutonneuses qui hurleraient de bonheur devant un beau gosse avec une guitare et Lordon serait passé pour un con, à cause de la suffisance d’Apathie…
Lordon, on le retrouve sur son site, souvent dans Là -bas, si j’y suis, sur France Inter, et dans le Monde Diplomatique ou encore dans des blogs de gauche. Bref, dans des médias où il a le temps de parler.
CC
Chargement