Sarkost'zine

Webzine Sarkostique & Flux RSS

Haïti, ou viva les séismes
Par huyette le 17 janvier 2010

Par Michel Huyette


  Alors que les medias du monde entier nous abreuvent des images de la dévastation de Haïti, et alors que nombreux sont ceux qui se précipitent vers les organismes humanitaires de toutes sortes pour faire un don ponctuel, une phrase revient continuellement sans qu'elle attire notre attention autant qu'elle le devrait.

  Pour parler de cette minuscule République, il est dit et répéré que c'est "l'un des pays les plus pauvres du monde", qui n'a "vraiment pas de chance".

  Cela est sans doute vrai. Mais alors, pourquoi intervenir seulement quand le "très pauvre" devient encore plus malheureux, mais pas avant ?


  Laissons de côté le fait que cette île a d'abord été envahie par les espagnols qui, d'une part, ont réduit les populations locales en esclavage, et d'autre part, comme tous les conquérants, ont apporté avec eux des maladies qui ont décimé une grande partie des autochtones. Oublions également que les mêmes espagnols y ont fait venir ensuite et pour leur profit personnel des esclaves capturés en Afrique, puis que les français se sont installée dans la partie occidentale de l'île et ont pris le relais des esclavagistes espagnols. Il est trop tard pour refaire l'histoire.

  Ne nous arrêtons pas non plus au fait que divers pouvoirs tous aussi peu démocratiques les uns que les autres ont pu dernièrement s'installer et se succéder grâce à la connivence active ou tacite des occidentaux, notamment des français et des américains.


  Ce qui choque profondément, c'est le fait que les pays riches n'interviennent efficacement que quand ces pays privés de tout sont frappés par une crise exceptionnelle. Autrement dit, que des gens vivent dans la misère nous est assez indifférent tant qu'à l'heure du repas on ne nous montre pas des femmes et des enfants en pleurs près d'un tas de gravas.

  Et comme entre deux séismes aucun de nos journalistes ne nous montre tous ces gens vivant dans les bidonvilles de la banlieue de Port au Prince sans le sous pour assurer leurs besoins quotidiens essentiels, c'est l'indifférence qui prévaut en chacun de nous.

  Alors pour se rattraper les pays occidentaux, pendant quelques jours ou semaines, font la course pour faire au plus vite atterrir leurs avions sur la piste de l'aéroport de Port au Prince. Et chaque soir on nous apporte le décompte des quelques vies sauvées de sous les décombres. Car ce qui compte c'est autant de montrer ce que l'on fait, pour se déculpabiliser, que de faire.


  Mais une chose est certaine. Demain ou après demain, quand ces gens qui n'ont rien seront abrités sous quelques tentes de fortunes et qu'ils auront un semblant de nourriture et un peu d'eau à leur disposition, notre indifférence permanente reprendra vite le dessus.

  Et, parce qu'il y a quand même des préoccupations autrement plus importantes, en nous interrogeant à nouveau pour savoir à partir de combien de dizaines de milliers d'euros les bonus de nos traders doivent être taxés, nous tournerons la tête pour ne pas voir les millions d'êtres humains qui ici ou là continuent à mourir de faim, en silence, et sans nous déranger.


  Pas de séisme, pas de solidarité.

  Ce ne sont pas que les bâtiments de Haïti qui se sont écroulés.

  Ce sont les derniers lambeaux de notre morale.





Aucun commentaire sur “Haïti, ou viva les séismes”

Laisser un commentaire


Article Précédent

Sarkozy et Roselyne bachelot …envoyé par politistution. – Regardez les dernières vidéos d’actu.&alt=rss

 
Article Suivant

Vendredi soir, Eric Besson a proposé la création d’une “charte des droits et devoirs” que les Français signeraient en arrivant à leur majorité, à 18 ans, qu’ils soient d’origine étrangère ou pas.
Le ministre a un double souci. Son émission sur France 2 jeudi dernier a été court-circuitée par le boycott tardif de Vincent Peillon. L’eurodéputé [...]



Accès rapide aux catégories
Auteur
Huyette
122 articles postés
Visiter son site web
Voir l'article original
Publicité
Newsletter
Restez informé.
Inscrivez-vous gratuitement à notre newsletter.

Chargement Chargement
eBuzz