“Un humanisme bien ordonné ne commence pas par soi-même, mais place le monde avant la vie, la vie avant l’homme, le respect des autres êtres avant l’amour propre”
-Levi Strauss-
“L’immigré” … Qui est-il donc, cet individu sans visage, qui dispose de son propre ministère au sein duquel il est mis en opposition -oui, en opposition- avec le concept d’ “identité nationale” ? “L’immigré”, cet étrange et si effrayant personnage, celui des légendes et contes fantasmagoriques en vogue dans nos cafés du commerce … Nous appelons immigré ¬´ toute personne qui réside en France métropolitaine sans y être née et qui y est entrée comme étranger ? Alors oublions pour l’instant les enfants nés sur le sol français de parents immigrés, ceux-ci sont français, n’en déplaise à certains.Nous y reviendrons plus tard. L’immigration a joué un rôle important et fondamental dans l’histoire de notre pays et dans d’autres pays développés, jusqu’à aujourd’hui.
A ceux qui hurlent à ¬´ l’invasion ?, les professionnels répondent que l’immigration, quantitativement parlant, n’est toujours pas une anomalie. L’immigration fut nécessaire à la population française au cours du 20 éme siècle. Sans cette immigration, le pays serait amputé de plus d’une dizaine de millions d’habitants. Il faut aussi comprendre que toutes ces vagues d’immigration ne constituent pas des accumulations linéaires successives.Il ne s’agit pas d’un phénomène figé. D’une part, les retours vers le pays d’origine furent extrêmement importants, seule une petite minorité s’installa. D’autre part,l’histoire de l’immigration en France présente des pics et des creux en corrélation directe avec les grands faits économiques,soit les phases d’expansion et d’industrialisation : belle époque, 30 glorieuses, les deux guerres mondiales. L’immigration a donc répondu à un besoin de main d’Å“uvre non qualifiée. On ne peut donc nier la contribution positive de l’immigration ,tout au long de l’Histoire, au rétablissement (voire à la survie) de la société française …
Plusieurs études sociologiques prouvent que l’on ne peut tenir l’ ¬´ immigré ? pour responsable, ni du chômage (récrimination principale), ni de la dégradation du système de protection sociale. L’immigré est le bouc émissaire des frustrations et des bas instincts des incultes en tous genres. Le modèle français d’intégration aurait pu fonctionner car il est en opposition au modèle britannique (trop communautaire), au modèle américain (trop d’acculturation et assimilation obligatoire), ou au modèle allemand ( trop discriminatoire) …le modèle à la française favorise l’échange et la mixité, l’école, les clubs sportifs, l’armée, les syndicats sont un vecteur de cette intégration qui aurait pu être simple ….Seulement voilà …Discrimination et intolérance ne l’ont à ce jour pas permis. Dans les années 80, les thèses xénophobes se banalisent, et l’immigré afro-maghrébin devient problématique aux yeux de certains français.
L’INED avec Michèle Tribalat fait voler en éclats ces thèses sur la montée de l’islamisation, la polygamie, les différences trop profondes entre immigré et français. Dans son étude elle infirme tout cela en précisant ces quelques points : augmentation des mariages mixtes, diminution de la fécondité, pratique mesurée de la religion …etc…D’autres études vont dans ce sens, en prouvant que l’échec scolaire n’a rien d’ethnique mais est plutôt dû au milieu social. Finalement ce problème d’immigration est plus un problème du rapport à ¬´ l’autre ?, ce fameux ¬´ l’autre ?, tour à tour accueilli comme le sauveur (2 guerres mondiales, reconstruction …), puis dénoncé comme une plaie, un paria, un profiteur. Il est aussi,à la grande joie des partis de tous bords, un enjeu éléctoral,et devient de facto une arme politique … On en arrive donc à la politique curieuse menée par la France vis-à -vis de l’immigration …petit rappel …
Pour plus d’informations veuillez vous référer à ce site Internet : Chronologie de l’immigration
Chronologie de la politique d’immigration en france
1914 – 1918
Pendant la Première guerre mondiale, par le biais du ministère de l’Armement, sont recrutés des travailleurs Nord-Africains, des Indochinois et des Chinois.
2 avril 1917
Un décret institue pour la première fois une carte de séjour pour les étrangers de plus de 15 ans résidant en France.
1924
Organisation du recrutement à travers la Société générale d’immigration, constituée par les organismes patronaux spécialisés.
1927
Vote d’une loi permettant l’extradition des étrangers.
10 août 1932
Une nouvelle loi accorde priorité du travail à l’ouvrier français dans l’industrie en instaurant des quotas d’ouvriers étrangers dans les entreprises.
Avril 1933
La loi Armbruster limite l’exercice de la médecine au titulaire français d’un doctorat de médecine.
Juin 1934
Les avocats, fortement représentés au Parlement, font voter une loi interdisant aux français naturalisés l’inscription au barreau pendant une durée de 10 ans.
1937 – 1939
De 1937 à 1939, mesures restrictives et libérales vont se conjuger : ainsi un simple arrêté ou l’accord de l’inspecteur du travail suffisent pour qu’une entreprise obtienne une dérogation aux quotas d’emploi d’étrangers, les naturalisations sont favorisées à l’approche de la guerre.
1940
Sous Vichy, s’élabore une politique à l’égard des étrangers. Après la loi sur le statut des juifs mettant tous les Juifs au ban de la société, la loi du 4 octobre 1940 sur “les ressortissants étrangers de race juive” permet d’interner ceux-ci dans des camps spéciaux par décision du préfet du département de leur résidence”. La loi du 27 septembre 1940 concernant les autres étrangers non juifs, règle le sort des “étrangers en surnombre dans l’économie nationale” : l’étranger est soumis à une surveillance étroite et n’a plus le droit de libre circulation sur le territoire et ne bénéficie pas de la législation du travail.
2 novembre 1945
Vote de l’ordonnance sur l’entrée et le séjour des étrangers en France . Création de l’ONI (Office National d’Immigration) qui donne à l’Etat le monopole de l’introduction de la main d’Å“uvre étrangère dans le pays. Trois cartes de séjour sont instaurées (1, 3 et 10 ans) ; l’immigration des familles, souhaitée dans une optique démographique, est favorisée. L’accès à la nationalité est libéralisé par une ordonnance du 18 octobre 1945.
1956 Ã 1972
L’immigration s’accélère avec la décolonisation et l’entrée en vigueur au 1er janvier 1958 du traité de Rome (instaurant le principe de libre circulation). La modernisation de l’appareil productif aboutit à remplacer une main-d’oeuvre qualifiée et organisée par une main-d’oeuvre nouvelle effectuant un travail parcellisé avec une productivité accrue.
23 février et 15 septembre 1972
Signature des circulaires “Marcellin” (ministre de l’intérieur) -” Fontanet ” (ministre du travail) subordonnant la politique de recrutement des travailleurs étrangers à la situation de l’emploi en liant l’autorisation de séjourner en France à la détention d’un emploi : la perte de l’emploi impliquant la perte de la carte de séjour.Dirigées contre cette nouvelle réglementation des travailleurs étrangers, des grèves de la faim menées par des immigrés se sont succédées dans les principales villes de France de novembre 1972 à juin 1973.
A partir de 1974
Fin des 30 glorieuses, mise en place d’une politique de contrôle des flux migratoires.
19 mai 1974
Election de Valéry Giscard d’Estaing à la Présidence de la République.
La politique de Valéry Giscard d’Estaing en matière d’immigration se caractérise par l’arrêt de toute nouvelle immigration, par un contrôle rigoureux des entrées et des séjours (tout un arsenal de circulaires et décrets sont signés pendant cette période ou modifiés), l’encouragement à des retours volontaires des immigrés dans leur pays d’origine et par un programme d’insertion de ceux qui sont établis en France.
5 juillet 1974
– Sur proposition d’André Postel-Vinay, nommé à la tête du Secrétariat d’Etat aux travailleurs immigrés créé le 7 juin, le gouvernement français décide de suspendre l’immigration des travailleurs et des familles, sauf pour les ressortissants de la Communauté européenne. L’immigration des travailleurs reste suspendue jusqu’en 1977, l’immigration des familles est à nouveau autorisée dès 1975.
10 juillet 1975
La loi du 10 juillet permet aux immigrés d’être élus comme représentants des salariés dans l’entreprise.
1978
Mise en place d’un mécanisme de retours organisés et forcés d’une partie de la main d’Å“uvre étrangère installée jusque-là régulièrement, et parfois depuis longtemps en France. L’objectif affiché est le retour de 500 000 étrangers. Les Etats du Maghreb sont particulièrement visés par ces mesures étalées sur 5 ans, notamment l’Algérie.
11 avril 1980
Le 2, début d’une grève de la faim illimitée à Lyon (Rhône) par un pasteur protestant, un prêtre catholique et un immigré algérien en sursis d’expulsion pour protester contre les expulsions de travailleurs immigrés et particulièrement les jeunes de la seconde génération.
29 avril 1980
Annonce par M. Christian Bonnet, ministre de l’Intérieur, de la suspension pour trois mois des expulsions de jeunes immigrés, sauf en cas de délits graves. Le 30, fin de la grève de la faim.
mai-juin 1980
Marche nationale à Paris, à l’appel d’une dizaine d’organisations de soutien aux travailleurs étrangers en France, du PS, du PSU, de la CFDT, de la LCR et de la Ligue des Droits de l’Homme pour protester contre le projet de loi Stoléru concernant le renouvellement des cartes de séjour et de travail, contre le projet d’Ornano codifiant l’accès aux foyers collectifs, et contre les limitations à l’inscription des étudiants étrangers dans les universités françaises.
Manifestations à Paris, Strasbourg, Bordeaux, Marseille contre la politique d’immigration du gouvernement, à l’appel de soixante dix associations anti-racistes, religieuses et familiales, de la CGT, la CFDT, la FEN, le PCF et du PSU.
14 – 15 octobre 1980
Le 14, M. Lionel Stoléru, secrétaire d’Etat auprès du ministre du Travail et de la Participation (Travailleurs manuels et immigrés) affirme, à Metz (Moselle), qu’”il n’est plus questions d’accueillir un seul étranger en France” ; le 15, condamnation des propos de M. Stoléru par les syndicats CGT et CFDT et par la Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (FASTI).
10 mai 1981
Election de François Mitterrand à la Présidence de la République
7 mai 1981
Instructions du ministre de l’Intérieur, Gaston Defferre, aux préfets sur les expulsions d’étrangers : suspension de toute expulsion ; octroi d’une autorisation provisoire de séjour aux étrangers bénéficiant de cette suspension ; interdiction d’expulser des étrangers nés en France ou entrés en France avant l’âge de dix ans.
8 juillet 1981
Déclaration de politique générale de M. Pierre Mauroy , Premier ministre, qui présente le programme du gouvernement sur lequel il demande un vote de confiance : effort de solidarité accru vis-à -vis des travailleurs immigrés et des rapatriés ; limitation de l’immigration nouvelle par des accords bilatéraux avec les pays concernés.
12 juillet 1981
Circulaire du ministre de l’Intérieur, Gaston Defferre, assouplissant les conditions de séjour des étrangers résidents en France relatives aux expulsions (recommandation de ne pas expulser les étrangers nés en France) au titre de séjour et à l’asile politique.
27 octobre 1981
La loi du 27 octobre 1981 abroge les dispositions de la loi Bonnet et introduit dans l’ordonnance une série de garanties nouvelles pour les étrangers : l’expulsion ne peut être prononcée que si l’étranger a été condamné à une peine au moins égale à un an de prison ferme ; les garanties de procédure entourant l’expulsion sont accrues ; les étrangers en situation irrégulière ne peuvent être reconduits à la frontière qu’après un jugement et non plus par la voie administrative ; les étrangers mineurs ne peuvent plus faire l’objet d’une mesure d’éloignement, et ceux qui ont des attaches personnelles ou familiales en France ne peuvent être expulsés qu’en cas d’urgence absolue, lorsque la mesure constitue ¬´ une nécessité impérieuse pour la sûreté de l’Etat ou pour la sécurité publique ?.
17 juillet 1984
Loi 84-622 sur le titre unique de séjour et de travail , votée à l’unanimité. Elle reconnaît le caractère durable de l’installation en France de la population immigrée et dissocie le droit au séjour d’avec l’occupation d’un emploi.
25 octobre 1985
Déclaration de M. François Mitterrand, président de la République, lors de l’inauguration du Haut conseil de la population et de la famille : nécessité de lutter contre la dénatalité et d’aborder avec “ouverture et générosité” le problème de l’immigration.
mars 1986
L’opposition RPR-UDF remporte les élections législatives de mars 1986 et ouvre la première période de cohabitation entre 1986 et 1988.
Juillet – août 1986
Discussion à l’Assemblée nationale puis au Sénat, du projet de loi sur les conditions d’entrée et de séjour des étrangers. Condamnation, par l’opposition, des moyens mis en place qui “consistent à suspecter l’ensemble des communautés étrangères”. Charles Pasqua, ministre de l’intérieur, déclare que le projet est l’expression d’un juste équilibre entre la nécessité de mettre fin au laxisme et l’obligation de la générosité.
22 juin 1987
Installation de la Commission du code de la nationalité , par Jacques Chirac, Premier ministre, dont la présidence est confiée à Marceau Long.
7 janvier 1988
Remise à Jacques Chirac, Premier ministre, par Marceau Long, vice-président du Conseil d’Etat et président de la commission de la nationalité, du rapport “Etre Français aujourd’hui et demain” qui formule une série de propositions pour une réforme du Code de la nationalité visant notamment à faciliter l’acquisition de la nationalité française pour les jeunes de 16 à 21 ans, nés en France de parents étrangers et y résidant depuis au moins cinq ans, en exigeant d’eux une “déclaration individuelle, personnelle et simplifiée”.
Par décret (88-24) du 7 janvier 1988, l’ONI (Office National d’Immigration) devient OMI (Office des migrations internationales) et le rôle de l’établissement dans l’expatriation est confirmé.
8 Mai 1988
François Mitterrand est réélu Président de la République
10 décembre 1989
Interview sur Antenne 2 et Europe 1 de François Mitterrand, président de la République. En matière d’immigration, le président estime que le seuil de tolérance a été atteint dans les années 1970, d’où la nécessité d’allier la fermeté vis-à -vis de l’immigration clandestine à une politique d’intégration ; il s’affirme personnellement favorable au droit de vote des immigrés aux élections locales, mais rejette l’idée d’un référendum sur ce sujet.
Juillet 1992
Publication de la loi 92-625 du 2 juillet 1992 , dite loi Quilès, relative aux zones d’attente dans les ports et aéroports. La loi permet de maintenir dans les ¬´ zones d’attente ? des ports et aéroports, pendant un délai qui peut aller jusqu’à vingt jours, les étrangers non admis sur le territoire ainsi que les demandeurs d’asile le temps que le ministre de l’Intérieur vérifie que leur demande n’est pas ¬´ manifestement infondée ?.
7 mai 1995
Jacques Chirac est élu Président de la République
20 mars 1996
Paul Bouchet remet au Premier ministre le rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) ; le rapport constate notamment la “banalisation des opinions xénophobes”, une recrudescence des actes de violence et d’intimidation à caractère raciste visant les personnes d’origine maghrébine, et juge “négatif” l’impact des récentes modifications législatives sur l’immigration.
Août 1996
Le 22, dans un avis rendu public, le Conseil d’Etat indique que, si la régularisation n’est pas un droit, l’administration dispose d’un pouvoir d’appréciation au cas par cas. Alain Juppé déclare que, suite à l’avis du Conseil d’Etat, la “douloureuse” grève de la faim “n’a plus d’objet” et confirme “la fermeté” du gouvernement. Le 23, les forces de l’ordre évacuent de force les occupants de l’église Saint-Bernard après avoir défoncé la porte à la hache : 228 Africains sont interpellés ; les 10 grévistes de la faim sont transportés dans des hôpitaux militaires et la plupart des sans-papiers sont conduits au centre de rétention de Vincennes (Val-de-Marne).
14 février 1997
Le 3, la Ligue des droits de l’homme présente un appel “contre la loi Debré”, signé par 150 personnalités, demandant le retrait du projet de loi sur l’immigration qui doit être examiné au Parlement à partir du 4, un moratoire sur les expulsions et une régularisation des sans-papiers. Les 8 et 9, des maires de gauche de Paris et de la région parisienne organisent des baptêmes républicains d’étrangers sans papiers, qui sont parrainés par des personnalités. Le 11, 59 réalisateurs de cinéma lancent un appel à la désobéissance contre les lois sur l’immigration. Sur RTL, Jacques Toubon, ministre de la Justice, juge inadmissible l’appel à la désobéissance civile. Eric Raoult, ministre de la ville et de l’intégration, invite les cinéastes à venir passer un mois dans une cité difficile de Seine-Saint-Denis, “pour voir que l’intégration, ce n’est pas du cinéma”.
31 juillet 1997
Patrick Weil, politologue, remet à Lionel Jospin, Premier ministre, deux rapports sur l’immigration et sur la nationalité , qui, sans abroger les “lois Pasqua-Debré”, proposent notamment : un renforcement du droit d’asile, un assouplissement des formalités d’entrée en France, un meilleur respect de la vie familiale (notamment obtention possible d’un titre de séjour sur la base du respect de la vie privée et familiale), une meilleure prévention du travail irrégulier, une meilleure politique d’accueil des étudiants étrangers en France, un renforcement du droit du sol dans l’attribution de la nationalité, notamment en supprimant l’obligation pour les enfants étrangers de déclarer leur volonté d’être Français avant d’obtenir la nationalité.
17 mars 1998
Publication au JO de la loi n° 98-170 du 16 mars 1998 relative à la nationalité. (Possibilité pour les enfants nés en France de parents étrangers de demander la nationalité française dès 13 ans avec l’autorisation de leurs parents, et dès 16 ans sans cette autorisation).
8 Janvier 2001
Le ministre de l’Intérieur, Daniel Vaillant, visite la nouvelle zone d’attente de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle destinée aux étrangers non admis sur le territoire national à leur arrivée en France : la zone d’attente “est un lieu d’équilibre où les deux impératifs de la maîtrise des frontières et de l’accueil des fugitifs se vit au jour le jour”.
Avril 2001
Après avoir effectué seize visites, entre novembre 2000 et mars 2001, en zones d’hébergement et sur les aérogares de Roissy, où sont maintenues les personnes arrivant illégalement en France, trois associations, l’ANAFE (Association nationale d’Assistance aux Frontières pour les Etrangers), Amnesty International et l’association oecuménique la Cimade rendent publics deux rapports dans lesquels elles dénoncent les “droits bafoués” des étrangers
5 mai 2002
Jacques Chirac est réélu Président de la République pour 5 ans ; il nomme Jean-Pierre Raffarin Premier ministre.
29 mai 2002
Présentation en Conseil des ministres par le ministre de l’intérieur, Nicolas Sarkozy, d’une communication sur la loi d’orientation et de programmation de sécurité intérieure dont l’un des volets est consacré à la lutte contre l’immigration clandestine.
12 juillet 2002
Les ministres français et britannique de l’intérieur annoncent vendredi que le hangar de Sangatte aménagé par la Croix-Rouge en 1999 n’hébergera plus d’immigrés clandestins à la fin du premier trimestre 2003, ¬´ au plus tard ?.
5 septembre 2002
Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur, demande un réexamen des dossiers des sans-papiers dans une circulaire adressée le 5 septembre aux préfets.
2 décembre 2002
Rencontre à Londres entre David Blunkett et Nicolas Sarkozy. Les deux ministres mettent au point les derniers détails de la fermeture du centre de Sangatte prévue avant la fin décembre.
9 décembre 2002
Invité sur France 2 de l’émission “Cent minutes pour convaincre”, Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur, réclame un grand débat sur l’immigration. Il indique son intention de réformer le système de la double peine dans les quatre mois à venir.
Mars 2003
Turbulences au sein du Haut Conseil à l’intégration. L’organisme chargé de conseiller le gouvernement enregistre trois démissions.
30 avril 2003
Adoption en Conseil des ministres d’un projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration et au séjour des étrangers en France : il prévoit l’allongement de la durée de rétention des étrangers, la création d’un fichier d’empreintes digitales des demandeurs de visas, un contrôle plus strict des attestations d’accueil, le renforcement du contrôle de certains mariages mixtes, un durcissement des conditions d’obtention des titres de séjour et un aménagement de la double peine .
juillet 2003
Débat à l’Assemblée nationale sur le projet de loi (urgence déclarée) relatif à la maîtrise de l’immigration et au séjour des étrangers en France
16 décembre 2003
Le Parlement européen saisit officiellement la Cour de Justice des Communautés européennes en vue de l’annulation de la directive européenne adoptée en février dernier sur le regroupement familial, qui notamment, lie l’admission d’un enfant de plus de 12 ans à la réussite de tests d’intégration.
juin 2005
8 juin – Déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale de Dominique de Villepin, premier Ministre, dans laquelle il souligne la nécessité de lutter contre l’immigration irrégulière afin de parvenir à une ” immigration choisie.”
9 juin
Lors d’une convention de l’UMP sur l’immigration, Nicolas Sarkozy, ministre de l’intérieur souhaite une ” immigration choisie plutôt que subie ” et demande au gouvernement et au Parlement de fixer annuellement, ” catégorie par catégorie “, le nombre de personnes admises à s’installer en France.
10 juin
Installation du Comité interministériel de contrôle de l’immigration.
Mai 2006
Débat à l’occasion de l’examen du projet de loi relative à l’immigration et à l’intégration.Le 16, Nicolas Sarkozy se défend de vouloir ¬´ piller les élites des pays en voie de développement.
12 mars 2007
Le Conseil d’État annule, pour des raisons de forme, l’arrêté du ministère de l’Intérieur du 30 juillet 2006 créant le fichier informatisé, dénommé Eloi. Le Conseil d’Etat précise qu’un tel fichier ne peut être créé que par décret en Conseil d’État après avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL).
Mai 2007
Le 6, Nicolas Sarkozy est élu Président de la République. Le 17, il nomme François Fillon, Premier ministre. Brice Hortefeux est nommé ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement.
Huit des douze historiens composant le comité d’histoire de la future Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI) démissionnent pour protester contre la création d’un ministère associant immigration et identité nationale. ¬´ Il n’est pas dans le rôle d’un Etat démocratique de définir l’identité ?, affirment ces chercheurs (parmi lesquels Patrick Weil et Gérard Noiriel). ¬´ Ce rapprochement s’inscrit dans la trame d’un discours stigmatisant l’immigration. Là où le pari de la CNHI était celui du rassemblement tourné vers l’avenir, autour d’une histoire commune que tous étaient susceptibles de s’approprier. ?
4 juillet 2007
Brice Hortefeux présente en conseil des ministres un projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile. Les dispositions du projet concernent principalement l’immigration familiale. Pour toute personne étrangère demandant un visa de long séjour pour rejoindre en France un membre de sa famille (pour le regroupement familial ou pour les conjoints étrangers), il sera procédé dans le pays où le visa est sollicité à une évaluation de son ¬´ degré de connaissance de la langue française ?. Si le besoin en est établi, le demandeur devra suivre une formation linguistique organisée sur place pendant une durée maximale de 2 mois, l’attestation de suivi de cette formation sera obligatoire pour l’obtention d’un visa de long séjour permettant d’engager une procédure de regroupement familial. Un ¬´ contrat d’accueil et d’intégration pour la famille ? sera créé obligeant notamment les parents à veiller à la bonne intégration de leurs enfants nouvellement arrivés en France. En cas de non respect, le juge des enfants pourra être saisi et le paiement des allocations familiales suspendu. Des seuils de ressources nécessaires pour pouvoir prétendre au regroupement familial seront fixés en fonction de la taille de la famille. Par ailleurs, pour tenir compte de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, les référés contre les refus d’asile à la frontière auront désormais un caractère suspensif. Une autre disposition concerne la création d’un fichier contenant les empreintes digitales et les photographies des bénéficiaires de l’aide au retour. [/spoiler]
Pour en savoir plus sur la politique immonde et injuste de ce gouvernement sarkozy vous pouvez lire le forum sarkostique dans la partie http://sarkostique.xooit.fr/f78-Immigration.htm
De 45 à 65,on connaît une ouverture totale de l’immigration, et de 65 à aujourd’hui une fermeture totale. Nous voyons alors apparaître cette nébuleuse entité nommée ¬´ opinion publique ?,façonnée et contrôlée par les élites politiques qui lui font dire tout et n’importe quoi, en fonction de ce qu’il est bon ou non d’avoir dans ¬´ l’air du temps ?. Quand l’immigré est un bÅ“uf de labour, l’opinion publique s’inquiète peu de cette question mais quand celui-ci songe à s’installer dans un pays à la croissance duquel il contribue, là se pose un problème. Comme dit plus haut, on remarque cela dans les années 80 par deux événements, la création du front national et la ¬´ marche des beurs ? (terme bien détestable). Jusque dans les années 70, la France était une société peu ouverte aux autres cultures, le racisme y est latent et tabou. Après cette période, le tabou du racisme explose et la France devient multiculturelle .Il y a donc une alternance de fait entre rejet (tension permanente, ratonnade, attentat contre les consulats d’Algérie à Marseille) et accueil.
On distingue multiples formes de rejet, voici quelques exemples :
* Le racisme bête, lourd et stupide, sans fondement quelconque
* Le racisme qui fonctionne avec les difficultés économiques (l’immigré est un concurrent, responsable de ce manque de travail des français)
* Le racisme colonial, celui qu’on connaît actuellement, l’immigré est l’homme à abattre, celui qui est responsable de toutes les misères du pays, le mauvais immigré. La perte de son prestige colonial et la venue des sujets de ces colonies sur le territoire national est un véritable affront.
Depuis 89, “l’affaire du voile”, on parle incessamment de laïcité et l’on constate un rejet de l’immigré musulman. L’immigré musulman devient contre nature, il est musulman donc intégriste, incapable de respecter les valeurs de la France, et définitivement “inassimilable” (terme bien insultant). Il va de soi que la France est un pays laïc (se référer au concordat de napoléon ainsi qu’à la loi de séparation de l’église et de l’état en 1905).La classe ouvrière est fortement déchristianisée et le catholicisme se diversifie. Laïc ? Mais que veut donc dire ce terme,si usité dans nos médias ? À quoi correspond-t’il ? Il faut rappeler que pour un pays laïc, des fêtes religieuses et traditionnelles perdurent encore de nos jours.
La laïcité est tout simplement une base des préceptes français qui autorise la pratique religieuse dans un contexte exclusivement privé. Ne pas mêler la religion –ou son rejet !- aux affaires de l’état : mettre de la laïcité partout c’est tuer la définition réelle de ce terme. Revenons sur l’immigré …L’immigré est donc le fruit du fantasme et des angoisses collectives. Les plus classiques et répétitives sont la peur de l’invasion, l’insécurité, la peur de l’islam, la peur de la mixité et l’impossibilité d’intégrer l’immigré afro-maghrébin ( est-ce là la raison du rappel récurrent aux origines de certains jeunes français ?)
L’immigré était résigné mais ces enfant ,eux français, refusent ce terme d’intégration qui est une aberration linguistique. Intégrer un français, qu’est ce que cela peut bien signifier ? L’intégration n’est-elle admise qu’à la condition sine qua non de voir disparaître tout signe relatif aux origines ? Ces personnes, jeunes pour la plupart, doivent-elles en conséquence souffrir de ne pouvoir entrer dans le cadre de cette si populaire expression, “nos chères petites têtes blondes” ? L’immigré demandait simplement du respect (main d’Å“uvre maltraitée et malléable) et de la reconnaissance (service rendu à la France durant les 2 guerres mondiales, Indochine et la reconstruction).
L’attitude de la France vis-à -vis de ces hommes est responsable de conséquences dramatiques et du malaise de leurs enfants français. Ces enfants français auxquels on refuse le droit d’être français ; que l’on stigmatise, traite de racaille, que l’on montre du doigt quand les élections approchent. Alors même qu’ils sont les premières victimes du chômage, des discriminations et de la précarité, on les rend responsables du malaise social que l’on connaît dans ce pays. Les enfants issus de l’immigration sont devenus aux yeux de cette fameuse et fumeuse opinion publique, au pire des musulmans intégristes et des futurs terroristes, au mieux des criminels en puissance. Seulement maintenant, ils ne veulent plus être “les beurs” de service dont on se sert, à gauche comme à droite. Ils veulent une liste à leur image et à celle de notre pays “black-blanc-beur”, ils veulent un mélange des cultures et des générations, loin de ce mythe et des étiquettes qu’on veut leur coller. Nous devons accepter l’idée que la France puisse être multiculturelle ou multiethnique .Et que cela fonctionne! Refuser d’admettre ce changement, c’est jeter aux oubliettes une avancée essentielle et obligatoire, la mixité.
Le métissage et la tolérance seront les maîtres mots de ce changement, et non la peur, les préjugés et le rejet.
Nous conclurons par ces propos extraits de “Race et Histoire” de Levi-Strauss, il y 15 ans … “Il semble que la diversité des cultures soit rarement apparue aux yeux des hommes pour ce qu’elle est : un phénomène naturel, résultant des rapports directs ou indirects entre les sociétés, il y ont plutôt vu une sorte de monstruosité ou de scandale”
Il disait aussi que l’attitude la plus primaire chez l’homme était de rejeter purement et simplement les formes culturelles : morales, religieuses, sociales et esthétiques, qui sont les plus éloignées de celles auxquelles nous sommes habitués et auxquelles nous nous identifions. Un rejet et une répulsion envers les manières de vivre, de croire ou de penser qui nous sont étrangères.
“Quiconque a le malheur d’immigrer une fois-une seule !-restera métèque toute sa vie, et étranger partout, même dans son pays d’origine.C’est notre malédiction à nous immigrant”
-Bouyoucas-
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