La justice n’a pas TOUJOURS eu une position tout à fait “spécifique mineurs” en France, et la mythique ORDONNANCE DE 45, droit spécifique des mineurs, doit être replacée dans la globalité de la législation immédiatement consécutive à la guerre, de même que son caractère juridique d’Ordonnance ( le droit spécifique mineurs a fait partie de cette cohorte de dispositions qui ont été imposées dans un pays où un concept discriminatoire de l’être humain avait eu droit de cité pendant cinq années, et il est donc partie intégrante également d’un retour à l’humanité non discriminée, incluant en vrac le vote des femmes, et les “droit de , droit à ” sociaux du préambule de la constitution de 46, ni plus ni moins que droits d’être, versus droits de faire, etc.)
Pour autant, en 1945, sans parler d’une guerre où l’on avait trucidé à tous âges, on revenait de loin quant aux mineurs, et aux réponses que l’on donnait aux problèmes des enfants “déviants” :pour être considéré comme “déviant”, il suffisait d’être “abandonné” – critères de la famille bourgeoise du 19ème (si un gosse était délaissé, il traînait une hérédité nocive, et il fallait tenter de le “redresser” moralement……….)
Si là aussi, on se replace dans l’histoire sociale – ce que l’on ne fait quasi jamais dans ce domaine – on réalise que l’on était en plein exode rural, avec des populations pauvres extrêmement destabilisées, et que le délit de vagabondage devait être à son maximum pour les adultes comme pour les enfants. Toujours est-il que les enfants “déviants” ont fait l’objet d’expérimentations curieuses qui vous coupent le souffle : les enfants – souvent simplement abandonnés – ont été supposés, pendant une période ,viciés (génétiquement) au point qu’ils ne devaient avoir strictement aucun contact les uns avec les autres, qu’ils étaient dans des cellules individuelles d’où les ramassait un train de wagonnets, individuels aussi, où ils prenaient place cagoulés pour suivre un enseignement collectif , toujours cagoulés, assemblée de fantômes…………. Evidemment après quelques années d’un tel traitement, ils étaient complètement fous, et cela réalimentait le discours du vice originel….
Cependant, perduraient les établissements de l’ES (Education Surveillée), fameuses “maisons de redressement”, (où le père de famille , souverain d’après le code civil napoléonien pur et dur, pouvait envoyer sa progéniture récalcitrante ) , plutôt formatées “colonies pénitentiaires” d’auparavant, telles celle ,célèbre, de Belle Île en Mer, où selon l’époque de l’année, être sanctionné du mitard équivalait à la peine de mort, la marée envahissant le dit mitard. Ou telles celle de Mettray (lire Jean Genet ), colonie pénitentiaire agricole pour enfants, qui à un moment de son histoire s’est vue dotée d’autant de “cages à poules” (petites cellules entièrement grillagées) que de places à l’établissement (400), par un directeur fou, craignant une révolte massive. Les établissements “de charité” pour enfants, tels le Bon Pasteur ( qui ne nous a pas encore fait le bonheur relatif d’ouvrir ses archives, et donc son mea culpa mémoriel), étaient fréquemment l’expression de systèmes oppressifs pervers, fondés sur le même concept d’enfant “vicié”. Et ces grands établissements de l’ES sont longtemps – au moins jusqu’en 68, nous y voilà – restés des ghettos fort bien clos, où pouvait impunément le cas échéant régner un droit particulier, très étranger au droit en général, et à l’esprit de l’Ordonnance de 45 , anticipatrice du préambule à la constitution de 46, en particulier.
Cela étant dit, l’Ordonnance de 45 (O45) a amélioré le traitement des enfants – protection ou sanction – très imparfaitement, mais progressivement – via l’évolution sociétale : les trentes glorieuses, la décolonisation, l’abaissement de l’âge de la majorité, les droits des femmes, la refonte du code civil, mai 68, etc etc… L’ES est devenue Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) et les institutions privées habilitées ont elles aussi évolué, tant sur la forme que sur le fond. Les remaniements nombreux de l’O45 sont souvent allés dans le sens d’une meilleure prise en compte de l’éducation dans le “traitement” de la problématique mineurs.
Sauf récemment : au contraire et sous le patronage de la Garde des Sceaux (GdS), non seulement, on a mis en route des dispositifs sécuritaires aggravants ,y incluant les mineurs (notamment, la Loi soit-disant de Prévention de la Délinquance et la Loi de récidive/peines plancher), mais la Garde des Sceaux tient un discours qui met en doute le clivage minorité/majorité lui même : il y a ,selon elle, de par leurs actes des mineurs qui ne sont pas vraiment des mineurs, et qui ,donc, n’ont aucune raison d’être jugés en tant que tels par des TE/JE, avec des peines minorées de moitié (réfléchissons, un jeune de 16 ans condamné à 8 ans, c’est la moitié de sa vie passée). Et le discours en question élude entièrement tout ce qui n’est pas l’acte lui-même, c’est à dire l’environnement social , le terrain dans lequel le jeune a poussé : un bon vieux retour au non moins bon vieux temps du tout régalien exclusif, MAIS QUI CIBLE en réalité qui ? N’importe quel FN de base vous le dira, les délinquants mineurs ou majeurs “pris en charge” par la justice sont “majoritairement issus de l’immigration, ou immigrés “, et si l’on fait abstraction de l’environnement social d’origine de ces délinquants, c’est que leurs actes sont génétiquement programmés et que c’est leur nature et leur inné que de…”délinquer”, ……….et d’ailleurs, vous diront-ils, si l’on veut prendre un paramètre social, prenons celui des victimes de l’acte…
Non seulement la “réécriture” totale de l’O45 va établir une passerelle assez molle entre l’enfant/adolescent et l’adulte, en supposant que l’enfant/adolescent sait discriminer son acte dès lors que celui-ci est d’une extrême gravité dans le vrai monde des adultes , mais on va donc instiller le concept d’une sous-population prédéterminée à la délinquance – et donc à sanctionner dès l’âge tendre, la population des jeunes mâles (intentionnel) issus de l’immigration et vivant dans les quartiers – parallèle bien net avec les US et leur sous-population “afro-américaine” (et nous, nous ne sommes pas encore rendus à avoir un candidat beur “crédible” à la présidentielle, s’pas ?).
La nomination de la GdS par N. SdNB est un trait de génie particulièrement pervers :quoi de mieux qu’une beurette narcissique aux dents prêtes à rayer n’importe quel plancher, pour jeter l’opprobre sur ces jeunes mâles de “sa race”, si détestés et vaguement enviés par un Président immature et en mal de triomphante virilité, . Le même FN de base ,cité plus haut, vous le dira bien, ces “gens là ” n’ont pas à toucher à la femme blanche, s’pas ?
R. Dati n’a pas seulement été nommée par manoeuvre perverse consentie, mais aussi pour son effrénée peopolisation, plus grave encore selon moi que celle du Président. La Justice est le plus haut symbole de la République, qui ne peut exister sans elle, le Garde des Sceaux est le 3ème personnage de l’Etat et incarne cette Justice, elle l’incorpore , et le clame d’ailleurs (“je “suis” la République”) : elle ne PEUT donc, sauf à l’abaisser et piétiner, qu’incarner cette Justice avec austérité et “désincarnation” de ses egos physique comme mental – et elle ne PEUT PAS selon moi , elle n’a PAS LE DROIT de l’incarner dans des poses photographiques complaisamment érotiques . Va te mettre un costume pantalon à la Merkel ( ou à la Amara, autre grande instrumentalisée, mais sans doute plus naïve), Rachida, et va bosser !
Par ailleurs, la refonte de l’O45 allant vers un butoir 12 ans ,taré de chez taré, n’a pas de quoi nous stupéfier, car après tout nous acceptons, après avoir un tout petit peu braillé, que nos enfants soient génériquement bien avant cet âge là , ciblés comme consommateurs/décisionnaires de consommation, objets principaux de pubs ad hoc, où les rôles adulte/enfant sont complaisamment inversés : cet âge de 12 ans est celui où depuis des temps récents, ils peuvent avoir une carte de crédit, on a crié, pas longtemps….
Les CEF (centres éducatifs fermés) ne sont pas des prisons mais des alternatives à la prison, les prisons pour mineurs sont les quartiers “mineurs” en voie de disparition, et les EPM (établissements pénitentiaires pour mineurs) qui s’y substituent, (dans lesquels on commence à un peu trop associer systématiquement la prison à la médicalisation psychiatrique), tendent ainsi la perche au concept délinquance = maladie génétique, et enfin, les EPM étant un progrès dans la “qualité d’incarcération”, les magistrats me semblent bien moins hésiter à incarcérer, notamment les filles…. Que du bonheur ….
Donc ,me direz vous, tout va bien aujourd’hui dans le meilleur des mondes, on en a terminé avec ces horreurs, les EPM sont des MJC d’un genre tout juste un peu particulier. Ben non, tout ne va pas bien, parce que d’une part cette évolution a été tardive en France, poussée par les autres pays, et que d’autre part elle est bien imparfaite ,croyez-le. Cela ne va pas bien, parce que l’on veut réécrire l’O45 dans ce qu’elle sortait partiellement de l’acte commis lui même, pour rechercher l’explication du passage à l’acte.
Et cela va très mal, parce que dans cette démarche, on revient au concept archi usé d’une population spécifique qui serait “tarée, viciée” par nature, et “anti-sociale” ou même “sociopathe”, de par son être même. Le bon vieux temps, vous disais-je. Et, dois-je redire que j’étouffe ?
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