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Le mythe de la droite économe et bonne gestionnaire
Par Lady Marwina le 7 octobre 2008

Il existe en France une légende urbaine, un mythe moderne, qui voudrait que la droite soit économe et bonne gestionnaire et la gauche dépensière et panier percé. Notre bonne droite serait raisonnable tandis que cette vilaine gauche dilapiderait l’argent des contribuables en le jetant par les fenêtres, auprès des nécessiteux ces “assistés”, ou encore des fonctionnaires, ces “privilégiés”, qui sont comme de bien entendu toujours trop nombreux et la lie absolue de la République. Et les 35h aussi. Ces terribles 35h dont les “aménagements Fillon” coûtent si cher aux finances de la France donc aux français. Mais au fait, Fillon, il est de quel bord politique? … Je ne sais pas trop comment s’est crée ce mythe de la droite économe, mais ce que je sais – chiffres officiels et graphiques à l’appui – c’est qu’il est faux et archi-faux. Affirmer que la droite est économe ou bonne gestionnaire est du même ordre d’idée que soutenir que le soleil tourne autour de la Terre. Cela se réfère a une croyance, un dogme, qui n’a aucune portée réelle et surtout aucune source autre que la foi pure en une chimère sans queue, ni tête, ni surtout esprit critique.

Mais voyons sans plus attendre l’illustration en graphique des grandes qualités prétendues de cette merveilleuse droite:

Tout d’abord le déficit public :

Ensuite, la dette publique

Sources des graphiques: données du ministère de l’économie.

Comme on peut aisément le voir sur ces merveilleuses images de toute beauté, la couleur rose à tendance à être synonyme d’amélioration pour les finances de l’état, et d’assainissement presque providentiel au regard des effets néfastes de la couleur bleue, qui est une véritable catastrophe, un tsunami de nullité en matière de gestion et d’efficacité.

Pour ne rien vous cacher, les personnes dont les noms sont cités dans les parties en rose sont des gens de gauche, et les personnes dont les noms sont cités dans les parties en bleues sont des gens de droite.

Certains esprits malins pourront remarquer que la droite, ces 30 dernières années, n’est efficace économiquement parlant que sous Giscard. Mais, pas de chances, cette efficacité est entres autres le succès d’un ministre du budget célèbre mais dans un autre domaine que l’économie, malheureusement pour le gouvernement Barre, j’ai nommé Maurice Papon. Oui, cela fait un peu bizarre de se rappeler qu’en 79 cet individu était ministre d’un honorable gouvernement, mais c’est ainsi. — Raymon Barre déclarera d’ailleurs au procès de Maurice Papon, en 97 : “Maurice Papon s’est révélé un ministre du budget efficace et compétent et m’a aidé à faire en sorte que les finances de la France puissent être sauvées”. Il est vrai qu’il faut reconnaitre à la droite que la période n’était pas facile (second choc pétrolier) et qu’elle a donc au moins eu dans ses rangs ces trente dernières années un économiste compétent. (Sont-ce des grincements de dents que j’entends ? …)

Vous trouverez ici en lien le récapitulatif de tous les chiffres qui m’ont servi à dessiner les graphiques, avec en regard le nom des politiciens au pouvoir. (Président, premier ministre, ministre des finances et ministre du budget)

Passons à présent à autre chose, à savoir le célèbre et terrible trou de la sécu.

Voyons ce que donne un graphique des comptes de la sécu…

Encore une fois, très étrangement, c’est la tendance exacte inverse de ce que professe le mythe que l’on peut observer. Qu’elle est dure la réalité des chiffres.

Ce graphique provient d’une page web d’une nature sans doute moins objective que le site du ministère de l’économie, mais les données chiffrées n’en sont pas moins exactes.

A partir de ce point, tout lecteur attentif en vient à se demander comment, mais comment il est possible pour un politicien de droite de tenir deux minutes à défendre un pareil bilan.

En fait, la réponse est assez simple. Les politiciens de droite ne défendent jamais leur bilan économique, ils critiquent celui de la gauche et ils font des promesses, beaucoup de promesses. Mais ils ne défendent jamais leur bilan, jamais. Ils parlent beaucoup de la conjoncture, par contre. √áa, oui. La conjoncture qui, curieusement, est toujours défavorable et explique toujours tout.

D’ailleurs, si vous demandez à un partisan de droite ce qu’il pense de ces graphiques, il vous répondra immédiatement “la conjoncture, la conjoncture”. Très interessant.

La conjoncture est en cela un concept novateur qui permet de dire que les réussites de la gauche ne sont pas du fait de sa politique, et que les échecs de la droite ne sont pas de sa faute. Il est en effet indéniable, au vu des chiffres d’Eurostat, que les faveurs du divin (seule explication possible) sont plus du côté des gouvernements de gauche que de droite.

Comme l’illustre très bien le graphique ci-dessous :

Evolution du taux de croissance du PIB par habitant, en France et en UE

Dans les faits, il est effectivement indéniable que la conjoncture ait un effet positif ou au contraire délétère pour l’économie française. Impossible de faire des miracles quand la moyenne européenne de croissance du PIB est égale à -0,3%, comme en 1993! Effectivement. Il se trouve que la moyenne des pays de la zone euro était bien meilleure de 1997 à 2001 qu’elle ne l’a été de 1993 à 1996, et de 2002 à 2005. Et de cela, le gouvernement socialiste comme le gouvernement UMP ne sont effectivement pas responsables. Il y a donc bien une part de ¬´ chance ? dans l’économie, et cette ¬´ chance ? fut plus du côté de la gauche que de la droite, et cela dure dans les faits et en l’occurrence depuis plus de 30 ans. Voilà qui sera dit.

Sauf que.

Sauf que les marges de manÅ“uvres des gouvernements ne sont pas nulles. Une moyenne est une moyenne, mais, tout comme une moyenne de la classe, elle n’empêche pas qu’il y ait de bons élèves, et au contraire de mauvais élèves. Par exemple, concernant la croissance du PIB de la France (NB: c’est différent du PIB par habitant exposé ci-dessus), on constate que la politique de la droite sarkoziste aboutit en moyenne à un demi-point de MOINS que la moyenne européenne (zone euro), alors que la politique de la gauche de Jospin aboutit en moyenne à un demi-point de PLUS que la moyenne européenne. Voici le graphique:

Comparaison des performances françaises et de l’UE en matière de croissance du PIB de l’état

L’écart au final entre les deux politiques, à conjoncture équivalente, serait donc d’un point plein de PIB. Un point plein de PIB, dans une courbe de la croissance, c’est énorme. Et ça a des conséquences économiques tout à fait palpables. N’importe quel étudiant en L1 économie comprendrait cela, avant même d’avoir achevé le suivi des cours du premier semestre. Mais le libéral-sarkoziste borné, lui, a en général plus de mal. On appelle couramment cela de la mauvaise foi.

Continuons d’observer les décalages entre la moyenne européenne et les politiques de droite sarkoziste et de gauche jospiniste.

***

Avant d’aller plus en avant, je tiens à préciser que si le sarkoziste ordinaire qui découvre l’existence de l’INSEE considère en général que le bilan de l’année 2002 est un bilan PS, ce genre de chiffre est et reste toujours calculé au 31 décembre de l’année correspondante, puisque c’est le calcul effectué sur une année révolue, et non un calcul prévisionnel. Le bilan de 2002, par exemple, est donc dans le concret à ¼ PS et à ¾ UMP, dans la mesure ou les élections ont lieu en Avril -Mai, soit à ¼ de l’année environ.

Croissance de l’emploi :

Comparaison du taux de croissance de l’emploi, France et UE.

Sur ce graphique, on voit clairement qu‘invoquer le fait qu’une politique de l’emploi ne porte ses fruits qu’avec un temps de décalage (deux ans) est une mauvaise technique sarkoziste pour expliquer que le chômage ne se remet à baisser en France qu’à partir de 2005. En effet, deux années de temps est pile ce qui sépare les premières mesures du PS et le moment ou la courbe de croissance de l’emploi de la France dépasse celle de la moyenne européenne, de même, deux années est encore pile ce qui sépare l’accession au pourvoir de l’UMP et le moment ou la courbe de création de l’emploi française repasse sous la moyenne européenne.

Dans le concret, le marché du travail est un marché très réactif, et une mesure phare de politique de l’emploi à des répercutions immédiates, c’est à dire dans l’année en cours. D’autres mesures, dites ¬´ à plus long terme ? peuvent effectivement avoir des répercutions avec temps de décalage, mais nous n’allons pas entrer dans la polémique sur ce sujet, ce serait vraiment trop méchant pour l’UMP, et je ne suis pas aussi cruelle. Il suffit juste de savoir que la réussite d’une politique de l’emploi se base sur ce double travail, de mesures phares à effet immédiat et de mesure à long terme plus pérennes dans la durée.

Voyons ce que donne la courbe du chômage :


Comparaison des taux de chômage, France et UE

La légende est absente, je précise donc:

la courbe en gras est celle de la France.

Les deux courbes plus fines sont respectivement celle de l’UE des 15 (qui commence en décembre 1995), la plus basse donc.

Et celle de l’UE des 25 et des 27, qui se confondent et pour lesquelles les chiffres ne sont données qu’a partir de décembre 1998.

Les marguerites sont la pour faire joli et pour détendre l’atmosphère.

Que voit-on de notable?

Durant l’année 1996, sous le gouvernement Juppé, le chômage en France monte plus rapidement que la moyenne.

De 1997 à fin 2001, le chômage baisse plus vite que la moyenne européenne. Fin 2001, de part l’élargissement de l’Europe et donc de la moyenne à 25 pays, la France se retrouve dans la moyenne des 25 au niveau de son taux de chômage. Elle reste tout de même à un bon point de la moyenne des 15, même si, de part la rapidité de la baisse du chômage, l’écart est moins grand qu’en 1997. On peut donc qualifier cette baisse du chômage de bon résultats par rapport à la conjoncture. Jospin à fait mieux que la moyenne européenne.

A partir de l’année 2002, le chômage remonte en Europe, ce qui n’est pas la faute de la droite, mais il est à noter que le chômage remonte PLUS VITE en France. Et ça, ça s’appelle de mauvais résultats par rapport à la conjoncture. L’UMP a fait moins bien que la moyenne européenne.

A partir de 2004, on assiste à un phénomène nouveau et inédit. L’UMP arrive à s’extraire de la toute puissance de la conjoncture européenne, qui voudrait que le chômage baisse, pour arriver au résultat inverse : en France, le chômage augmente.

Là, on ne parle même plus de mauvais résultats. Objectivement, on parle de catastrophe tache sur le bilan. Ne pas arriver à faire mieux que la moyenne en Europe, passe encore, c’est être mauvais élève. Mais arriver à faire en sorte que le chômage grimpe quand partout ailleurs, il baisse… .. C’est carrément se moquer du monde.

Tout économiste de droite bien au fait de son pipeau vous trouvera bien sur tout un tas de raison pour expliquer que ce n’est pas la faute de la politique de l’UMP, selon le credo qui veut que l’UMP n’a de politique que bonne et efficace. Seulement, les chiffres sont là. Et ils sont sans appel.

A toutes fin utiles, je rappelle que sous Jospin, le premier poste de sortie des listes de l’ANPE était le retour à l’emploi. Avec l’UMP, le premier poste de sortie devient rapidement les radiations. En février dernier, les radiations divers et variées représentaient 48% des sorties des listes du chômage. Si ce n’est pas être honnête avec les chiffres, je ne sais pas ce que c’est! Le gouvernement s’est donc vu infliger par le BIT un sévère redressement des chiffres du chômage de 2006. L’UMP à plutôt mal pris la chose, il faut dire que cela tombait en pleine période électorale. Et à décidé de passer sous silence ce très vilain redressement. L’INSEE, voyant la chose, à décidé de se mettre en grève de publication des chiffres, tant que justice au taux de chômage français au sens du BIT ne serait pas rendue. Ce pourquoi les derniers chiffres présents sur le site du ministère sont ceux de février 2007.

C’était pour l’anecdote amusante dont la presse ne parle pas, tant il est vrai que le sujet est commun, en tous cas sous un gouvernement UMP.

Prenons à présent la dette publique :


Evolution comparée de la dette pubique française avec la moyenne de l’UE

Même légende que la graphique précédent.

En gras la France, en fin les courbes de la moyenne de l’UE des 15 commence en décembre 1995, celle de l’UE des 25 se confond avec celle de l’UE des 27 et commence en décembre 1998.

La première chose que l’on note, d’emblée, c’est que la France est vraiment moins endettée que la moyenne des autres pays de l’UE fin 95. La deuxième chose que l’on note, c’est qu’en 10 ans elle à largement rattrapé son retard… …

La première année du gouvernement Jospin peut être à juste titre considérée comme merdique sur la question de la dette. Partout ailleurs, la dette baisse, en France, elle continue de monter. En 1998, la dette se stabilise, ce qui est moins pire, alors qu’ailleurs, toujours, elle continue de baisser. A partir de l’année 1999, par contre, la dette baisse. Elle baisse moins vite que la moyenne européenne, mais elle baisse. Cela s’explique facilement par le fait que le déficit des comptes de l’état français est légèrement supérieur à la moyenne européenne, comme le montre le graphique ci-dessous. C’est LE point noir du gouvernement Jospin : à relativiser, l’UMP fait largement pire en seulement 3/4 d’une année… … … 2002.

Comparaison des déficit de l’état en France et dans la zone euro.

NB: le solde de l’année 2000 est artificiellement positif pour la zone euro en raison de la vente des licence de téléphonie mobile.

Pour continuer sur la dette, donc, elle baisse moins vite que la moyenne européenne sous Jospin, ce qui n’est pas folichon, mais elle se tient à peu près.

Dès l’arrivée de l’UMP au pouvoir en 2002, que constates-t-on ? Alors que la dette était stable pour l’année 2001, et alors que la moyenne européenne tend toujours vers la baisse, en France pour l’année 2002, notre dette publique augmente. Pas tant que cela, la conjoncture qui se trouve tout de même bien favorable sauve les meubles. Mais elle monte.

L’année suivante, la conjoncture est défavorable. Donc la dette monte. Encore. Évidemment. Mais elle monte beaucoup plus vite que la moyenne européenne. jusqu’à la dépasser. Il n’a pas fallut deux ans. Toute la quintessence de la politique de l’UMP est la: pourquoi faire aussi bien quand on peut se permettre de faire largement pire en tout, et sans la moindre gène.

Évidemment, si c’est pour après se protéger derrière la conjoncture européenne, qui n’était pas bonne, et le gouvernement, qui était impuissant à lutter contre.. …. … …

Une chose remarquable à noter, de manière totalement annexe, est que cette manière la de gérer les finances de l’état, cette logique du pire – je ne crois pas que l’UMP soit si mauvais gestionnaire que cela, je pense qu’ils le font ¬´ exprès ?, enfin, qu’ils profitent du fait d’être au pouvoir pour faire un maximum de cadeaux à leurs amis du CAC 40 et autres sur le dos des finances de l’état – cette logique du pire, donc, est relativement récente. Elle est apparue en 1993, avec l’arrivée de Nicolas Sarkozy comme ministre du budget de Balladur.

Comme le montre ce graphique:


Solde effectif de l’état (sans les administations publiques) ces 30 dernières années

Sur ce graphique, si il est possible d’excuser en partie le déficit record de 1993 (la croissance était légèrement négative en Europe, et la droite, comme à son habitude, à fait un demi-point de moins. -1,1% dans les dents, ça fait mal, c’est sûr. La gauche, si on applique l’écart moyen, aurait obtenu une croissance de -0,1%, ce qui aurait fait mal aussi mais en limitant quand même sérieusement les dégâts) ; il n’est pas possible en revanche de plaider non coupable pour celui, presque tout aussi important, de 1995 et 1996. La croissance de la zone euro à ce moment là était en effet d’environ 2,3%. Soit la même croissance dont Jospin à bénéficié en 1997, quand il à repris l’économie en main et réduit le déficit total de 12 milliards d’euros. (NB: je rapelle que ce graphique ne montre que le solde de l’état sans les administations publiques, et non pas le déficit total de l’état. Le déficit total prend en compte les soldes de toutes les administations publiques, et non pas seulement de l’état, c’est celui qui est traduit dans les premiers graphiques donnés.)

Prenons à présent une vue d’ensemble de la situation économique de la France de ces 30 dernières années :


Comparaison des courbes de la croissance, du solde de la sécu et du déficit total de l’état (administrations publiques comprises), sous les gouvernements de gauche et de droite

A en croire les garents de la bonne interprétation des chiffres de la sarkolatrie, donc, les bons résultats du PS sont dus à la conjoncture, et les mauvais résultats de l’UMP à pas de chance.

Nous avons vu, dès le début, que la conjoncture européenne n’explique pas tout. Et, en particulier, que la conjoncture Européenne ne justifie pas du fait qu’en moyenne et depuis 1993, les gouvernements de gauche obtiennent un demi-point de croissance de plus que la moyenne de la zone euro, tendis que les gouvernements de droite sarkoziste obtiennent un demi-point de moins. Notez que j’insiste sur le terme ¬´ droite-sarkoziste ?, dans la mesure ou la droite de Chirac premier ministre et celle du gouvernement de VGE n’obtiennent pas tout à fait le même genre de résultats catastrophiques.

A présent, nous allons voir en direct live à quel point il est délétère pour les finances de la République de laisser la gestion de l’état à de pareils individus lorsque le monde dans son intégralité entre dans une période de crise comme celle que nous sommes en train de voir se profiler de jour en jour plus nettement juste devant notre nez.

Nous allons voir en direct live, je veux dire par la: nous allons le vivre, vous et moi. Je n’ai plus de graphiques à vous présenter sur le sujet pour l’instant, mais, ne vous en faites pas. Vivre dans la réalité risque d’être bien plus intéressant et bien plus parlant que tous les graphiques possibles.

Je vous souhaite sincèrement de survivre jusqu’en 2012.

Lady Marwina.

————————

Pour ceux que cela intéresse, je laisse à disposition les classeurs qui m’ont permis de réaliser les graphiques présent dans cet article, et ce (luxe absolu en ces temps de disette) en deux formats:

Format classeur Exel : [ http://avanti-populo.com/images/Graphs/deficit_insee.xls ]

Format classeur open Office: [ http://avanti-populo.com/images/Graphs/deficit_insee.ods ]

11 commentaires sur “Le mythe de la droite économe et bonne gestionnaire”
  1. ElectricEye dit :

    J’aime pas les marguerites.

  2. Marwina Darkstone dit :

    Peut-être, mais je n’avais pas de rhododendrons pour les remplacer. Du coup, marguerites. C’est comme ça, voilà. Je vais essayer de voir ce que je peux faire pour intégrer des tulipes la prochaine fois.

    [/ hors sujet]
    ^^

    Lady M.

  3. DOELLO DANIELLE dit :

    Je viens d’écouter ce matin sur France Info les premiers éléments du rapport officiel sur les dépenses de l’ELYSEE. Ce rapport montre bien que la droite est très économe lorsqu’il s’agit de l’argent des autres (surtout des français de base) et qu’elle est très prodigue lorsqu’il s’agit de son train de vie ou de celui des patrons (voir TAPI). Savez-vous que notre président a pas moins de 97 conseillers personnels qu’il a engagés lui-même (donc pas élus) et qu’ils ont été très largement augmentés en 2007 et surtout en 2008. De même les dépenses du “château” ont explosé en 2007 et 2008 alors que nos salaires sont bloqués et amputés à cause de la hausse des prix et de l’énergie. Les voyages de CHIRAC à l’ILE MAURICE font désormais figure de petit joueur!

  4. Marwina Darkstone dit :

    Oui, effectivement Chirac est un petit joueur à côté de la nouvelle droite… Mais question déficit de l’état, il était également un petit joueur à côté de Sarkozy. la France n’a jamais été autant en déficit que sous Sarkozy aux finances (ou au budget)

    En vérité, c’est tellement énorme que souvent je me demande si il est possible d’être à ce point incompétent ou si c’est tout simplement fait exprès. Vraiment, c’est une question que je me pose. Et encore plus aujourd’hui quand je voie la gestion dans l’urgence de la crise, la grande braderie et le n’importe quoi (encore que les mesures françaises soient moins stupides que celles prises aux US) — Enfin, donc, voila… …

    Lady M.

  5. Gaël dit :

    En commentaire au graphique du “déficit public”, j’employais hier sur Sarkostique la métaphore suivante, que je trouve très parlante:

    “Si en tant que co-pilote d’un avion, vous arrachez le manche à balai de l’ivrogne suicidaire à côté de vous qui fonce droit vers le sol, l’avion atteindra son point le plus bas quand vous aurez les commandes. Faut-il en conclure qu’il fallait les laisser à celui qui les avait avant vous ?”

    Autrement dit, le fait que les creux budgétaires soient atteints quand la droite est au pouvoir ne signifie rien du tout, ou plutôt si: le creux, c’est précisément le moment où ça recommence à monter !

    J’ajouterais que chaque transition gauche -> droite est précédée d’une période d’augmentation majeure du déficit, ce qui justifie parfaitement mon analogie.

    Je m’auto-cite encore (les phrases entre crochets sont ajoutées) :

    “Pour ouvrir les yeux de ceux qui les auraient un peu bouchés, je vais donner, approximativement, la progression du déficit au cours de chacune des périodes bleu / roses du graphique (par équité, je ne compte pas la dernière période qui n’est pas terminée, mais qui serait favorable à la droite [en considérant uniquement les données du graphiques]):

    Côté Bleu:

    Barre / VGE: 2.5 ans, -1 milliard
    Chirac / Mitterrand: 2 ans, -2.5 milliards
    Balladur/Mitterrand puis Juppé / Chirac: 4 ans, -10 milliards

    Côté Rose:

    Mauroy-Fabius / Mitterrand: 5 ans, 20 milliards
    Rocard-EC-PB / Mitterrand: 5 ans, 35 milliards
    Jospin / Chirac: 5 ans: -8 milliards

    En faisant une moyenne pondérée, on obtient que le déficit public annuel AUGMENTE de 3.14 milliards par AN quand la gauche est au pouvoir.

    Tandis qu’il BAISSE de 1.59 milliards par AN quand c’est la droite qui gouverne, c’est à dire à 0.01 milliards près [bien en dessous de l'incertitude due à la lecture approximative du graphique] autant que la moyenne de la période Jospin, qui reste le meilleur score de la gauche !”

    Autrement dit, la gauche à son meilleur, en pleine période de prospérité économique, fait aussi bien que la droite de tous les jours.

    Ne me remerciez pas d’apporter un peu d’honnêteté intellectuelle au débat !

  6. Lady Marwina dit :

    Arff…

    De la belle mauvaise foi.

    Pour reprendre la métaphore de l’avions, disons donc: dans le concert, nous avons un pilote qui pilote normalement, et qui arrive dans une perturbation. Il s’en sort plutôt bien. Mais cela reste une perturbation, donc ce n’est pas facile. La, un autre pilote, donc alcoolique pour rester dans le registre, lui prends les commandes et commence à foncer vers le sol. au moment ou entre trois éléphants il voit le clocher d’un village droit devant, il donne un coup de levier et repend un peu de hauteur en pétardant, évitant de justesse le crash, mais toujours zigzaguant. La le premier pilote reprend les commandes et parvient à peu près a stabiliser l’avion.

    Reprenons les chiffres de l’augmentation du déficit public:

    Côté Bleu:

    Barre / VGE: 2.5 ans, -3.5 milliards d’euros (sachant que la dette publique augmente elle de 20 milliards pendant ce temps. Curieux cette différence, non?)
    Chirac / Mitterrand: 2 ans, en comptant au prorata pour les années mixtes, 28 milliards de déficit (et la dette augmente quand à elle de 53 milliards)
    Balladur/Mitterrand puis Juppé / Chirac: 4 ans, 221 milliards d’euros. Toujours au prorata. (sisisi: 2/3 des 66.1 milliards de 93, l’intégralité des 63.1 et 65.5 puis 49.8des années 94, 95 puis 96 et enfin le 1/3 des 37 milliards de déficit de 97, puisque le changement de gouvernement en France à toujours lieu en cas d’élections à la fin du premier trimestre soit à 1/3 de l’année) Total 221 milliards d’euros. (la dette augmente de 232 milliards)

    Donc une moyenne de 30 milliards de déficit par an. Moyenne de montée de la dette publique: 35,8 milliards par an.

    Je vous assure qu’il n’y a pas de quoi être fier. Notez qu’il est toujours plus facile de tout casser lorsque l’on est capable que de construire des machins branlants et sans allure. Je pense que les déficits de la droite ne sont en effet pas ce qu’il y a de plus innocent: a ce point la de mauvaise gestion, c’est fait exprès. Justement pour toucher sciemment le fond et se vanter d’avoir rebondit. Sauf qu’il n’y a strictement aucun mérite, amis aucun mérite vraiment, à toucher le dit fond. il suffit de laisser les problèmes s’aggraver. Exemple concret: quand tout va mal, rester sciemment en dessous des moyennes européennes. A 0.5 points de croissance en dessous de ce qui est possible avec un minimum de gestion cohérente, par exemple.

    Bon, après, peut être que les gestionnaires de la droite ne vont pas jusqu’à la… Mais vu leur habilité à donner des budgets nettement enjolivés (prétendre avoir un exercice public en positif de 0.3 milliards quand la dette publique augmente de 10 milliards, il faut oser! Clairement.) — vu leur habilité je ne pense pas qu’ils soient idiots au point de ne pas se rendre compte que leur politique les amène à être à la traine de l’europe.

    Le côté bleu et le coté rose, c’est un peu la métaphore de l’élève studieux qui essaye de faire de son mieux et à une moyenne de 11 ou 12 a peu près toute l’année, contre le cancre qui se traine à 6 mais qui soudainement avant la fin de l’année accepte exceptionnellement de faire ses devoirs pour avoir un 12 et passer dans la classe supérieure. Evidement, notre cancre qui passe de 6 à 12 double sa note, en comparaison de l’autre élève qui s’est fait ses trois trimestres à 13, 12 puis 10… Ce n’est pas tout a fait le même genre de progression. Cela étant, prétendre que celui qui passe de 6 à 12 parce qu’il ne se met au travail qu’une fois l’an est meilleur élève que celui qui tient à 11 ou 12 de moyenne toute l’année est une aberration.

    Enfin, en d’autres termes, les échelles au niveau des déficit changent c’est une vérité. Mais elles changent non pas sous les gouvernements de gauche comme vous le prétendez mais bien sous les gouvernements de drote: ce sont eux et eux seuls qui crèvent les plancher. En fait, c’est même particulièrement une personne, à Savoir Nicolas Sarkozy, qui a permi aux finances de la France d’atteindre chaque fois leur planchers les plus bas et donc d’élargir les seuls acceptables. Un peu comme en bouse, ou il y a des planchers et des résistances. Nicolas Sarkozy abaissa le plancher envisageable à -5.90% en 93, année de son accession au portefeuille du budget. La résistance se situait elle à 1.5% en 2000, elle est actuellement plutôt aux alentours de 2.5% depuis le retour de la droite. C’est à dire que le déficit oscille entre un plancher de 6% et une résistance de 2.5%

    Il est beaucoup plus intéressant de voir un gouvernement monter la résistance à 1.5% que d’en voir un autre faire 65milliards de déficit d’entrée de jeu puis “seulement” 54 milliards. Tout en gardant une réalité de la hausse de la dette publique toute autre.

    Je n’ai pas le temps tout de suite de reprendre les performances de la gauche de la même manière, je m’y emploierai plus tard mais le fait est que les déficits annuels moyens n’ont rien à voir. L’important à signaler étant principalement qu’il est faux de dire que la droite prends les commandes de l’avion pour le redresse quand les choses commencent à aller mal. Ce n’est PAS ce qui se passe: elle prends dans un premier temps les commandes, et dans un second les choses vont mal. Mais les choses ne vont jamais vraiment mal avant qu’elle ne touche au commandes.

    Je sais que beaucoup de Sakosistes parlent avec délectation de l’exemple de la crise de 93 (par exemple pour justifier justement les 5.90% de déficit), et il est vrai que sous la gauche en 92- début 93 tout n’est pas parfait. Simplement, à partir de l’arrivée de la droite, c’est juste pire que tout. Et les finances ne se rééquilibrent qu’avec l’arrivée de Jospin, c’est à dire entre 97 et 98. Elles restent équilibrés jusqu’en 2002 et à partir seulement de 2002 replongent.

    Pour le reste, mathématiquement parlant, comme le PIB augmente beaucoup plus vite sous la gauche que sous la droite, il découle en toute logique que les points de déficit budgétaire de la gauche sont “plus chers” que ceux de la droite. Mais c’est un effet mathématique et non pas comme vous voulez le sous-entendre la preuve d’une réussite politique.

    To be continued….

    Lady M.

  7. Lady Marwina dit :

    Whah, la suite. ^^

    Donc le côté rose. Fameux côté rose.

    Mauroy-Fabius / Mitterrand: 5 ans, 82.1
    Rocard-EC-PB / Mitterrand: 5 ans, 156.8
    Jospin / Chirac: 5 ans: 130.7

    Moyenne, 24.64 milliards par an. Soit modestement un peu plus de 5 milliards d’économie par an, si l’on se rapporte aux mirifiques scores de la droite.

    Ce qui m’amène a dire que, vraiment, il n’y à pas de quoi se vanter.
    Dans un système ou le dynamisme du marché fonctionne de paire avec l’augmentation de la dette des états et l’accroissement des déficits publics, il faut mieux des gouvernements qui dépensent moins quitte à être relativement continus par rapport à la tendance haussière de la dépense, plutôt que des gouvernements qui dépensent beaucoup plus tout en crevant les planchers de déficit publics pour pouvoir remonter par la suite. Deux méthodes deux techniques. Mais à la sortie, on en revient à la même conclusion: la gauche est relativement économie et la droite se fout du monde en général et du contribuable en particulier.

    Lady M.

  8. hello dit :

    Il est important de comprendre a quoi correspondent les chiffres lorsqu’on les commente. Pour rappel, le deficit, c’est un chiffre par annnée venant sanctionné le bilan comptable d’une loi de finance votée en année N pour définir les dépenses de la suivante N+1. Par exemple, les députés votent en ce moment la fin de la loi de finances pour 2010. Donc un gouvernant est si je puis dire “responsable” des deficit qu’il fait voter. Par exemple, le déficit constaté en 93 etait la résultante de la loi de finance votée en 92. Coupée donc une année en deux comme sur vos graphique est donc au mieux une erreur dans l’interprétation des chiffres.

    Reprenons donc le recapitulatif période par période puisque ca vous semble tant pertinent:

    - 1981, la gauche prends le pouvoir jusqu’à 87, le deficit passe de -2%, à -3,1% (constaté en 86, voté en 85 comme expliqué plus haut)
    donc 81 à 86 : de -2% à – 3,1% (gauche) –> -1,1% sur la periode

    - 1986 à 88: de -3,1% à -1,87% (droite) –> +1,23%

    - 1988 à 93 : de -1,87% à -6,4% (gauche) –> -5, 5%

    - de 93 à 95: de -6,4% à -5,5% (droite) –> +0,9%

    - de 95 à 97 : de -5% à -3,3% (droite) –> +1,7%

    - de 97 à 02 : de -3,3% à -3,1% (gauche) –> +0,2%

    - de 02 à 07 : de -3,1% à -2,7% (droite) –> +0,4%

    Je m’excuse mais vous avez donc tord lorsque vous pretendez que les périodes de creusement du deficit public correspondent à des periodes de gouvernance de droite

    Je ne suis pas très fan de la politique de Sarkosy mais vous avez mal choisi tes arguments (j’aurais pu te suivre sur d’autres…). En effet, lors de son passage au ministère du Budget de 93 à 95, le deficit pass de -6,4% à 5,5%. C’est pas le Perou mais aprés les 5 années précedentes, ca au moins, c’est une rupture… Concernant son passage en 2004, la loi de finance votée sous loi à fait passer le deficit de -3,6% à -2,9%, soit +0,5%.

    Je tient à preciser que je me contente de donner les chiffres sans aucune interpretation (car il y a bien entendu bien des choses qui rentrent en compte et peuvent les expliquer).

    Nous sommes surement d’accord si je dis qu’il serait bon d’avoir quelqu’un d’autre que Sarko en 2012, mais encore fait il remettre certaines choses (et certains lieux communs) en question d’ici là…

    Bien a vous

  9. Lady Marwina dit :

    Bonsoir,

    Votre argumentation est un non sens complet.
    Ce n’est pas parce qu’en fin de mandat l’on fait moins pire qu’en début de mandat que l’on est un bon gestionaire. Le chiffre qui importe n’est pas la différence qui existe entre le déficit la première année et le déficit la dernière année, mais BEL et BIEN la MOYENNE sur la période.

    Essayez d’appliquer votre argumentation à n’importe quel autre sujet que l’économie, et vous verrez combien elle est bancale et sans consistance. Par exemple: un élève qui commence l’année à 5/20 et qui la finit à 9/20 est il meilleur élève qu’un autre qui la commence à 15/20 et la termine à 12/20? Bien sur que non.

    Une visée objective impose une vue d’ensemble.
    Il est vrai que seul des raisonnements parfaitement abscons peuvent sauver l’honneur de la droite, sur la question de la gestion des finances de l’état.

    A noter que le nouveau record en matière de déficit cette année est dans la parfaite droite ligne de ce que je dénonce dans cet article. La crise n’explique pas tout, quand on est suffisamment vendu pour faire capoter un vote pourtant parfaitement constitutionnel afin de sauver ces pauvres banques d’une taxe exceptionelle de 10% sur leurs bénéfices… Oh drame! Comme l’a dit Christine Lagarde: elles n’y sont pour rien les pauvres petites, — tant il est bien sur évident que c’est le contribuable français voir même l’état qui a spéculé sur les subprimes jusqu’a faire éclater le système.

    C’est ce genre de raisonnement stupide qui plombe les finances de l’état. Et ce genre de raisonnement est un fait de droite. La gauche à beaucoup moins de scrupules à aller chercher l’argent la ou il finit par s’encroûter tellement il abonde. — J’ose espérer que vous n’allez pas prétendre que les banques investissent pour notre bien ou celui de l’industrie, ou n’importe quoi en lien avec l’économie réelle. La vérité c’est qu’elles sont complètement repliées sur un monde totalement virtuel et parfaitement indépendant de la réalité, qui tourne en vase parfaitement clos. C’est d’ailleurs le principal problème aujourd’hui.

    Bien à vous,
    Marwina

  10. Un jeune dit :

    Moi, je vois bizarrement les choses autrement. Ce que j’observe sur la majorité des graphismes, c’est que lorsque la droite est au pouvoir, le bordel vient d’être foutu par les socialistes, la droite remet alors de l’ordre et comme les mesures qui ont été prises ont été impopulaires pour la droite, la gauche est élue et rebelotte, elle refout la merde. En bref, les bonnes situations dont bénéficient la gauche lorsqu’elle arrive au pouvoir viennent du fait que la droite a remis de l’ordre avec des réformes difficiles à faire passer juste avant. Ça vous la coupe hein ? Signé : un petit jeune qui estime que des sites comme celui-ci ne devraient pas exister. Parler devant un public déjà conquis était une pratique d’un sinistre personnage nommé Hitler. Ça vous dit quelque chose ?

  11. Lady M dit :

    C’est une blague… o_O
    Même réponse que plus haut, avec mention spéciale pour le point godwin.

    Quand on voit que, sous la gauche, 3% de déficit n’a jamais été atteint, même pendant la crise en 95, alors que la droite rame péniblement pour tenter d’atteindre au mieux ce même 3% … pour 2012 , on croit juste rêver. Faut être bien à côté de la plaque!

    Purée, même dans les articles de “Challenges” ils sont moins bornées (et pourtant, c’est un concept) — (NB: oui, je suis abonnée à Challenges, j’ai bénéficié d’une offre spéciale réservée aux chefs d’entreprise, cette semaine c’est le numéro spécial 500 plus grosses fortunes de France, je me régale… \o/)

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