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Le sabotage annoncé du planning familial, un nouveau recul des droits de la femme.
Posté par val le 5 février 2009

En 2009, le gouvernement sarkozyste pense réduire de 42 % le budget du planning familial, association loi 1901 aux côtés des femmes depuis 1956. Cette ONG a un rôle primordial, reconnu d’utilité publique : information, éducation à la sexualité et à la contraception. Elle est aussi un pilier dans l’avancement du droit des femmes et des jeunes, en leur apportant une écoute de qualité, que ce soit pour des problèmes de sexualité, de contraception, d’avortement ou de violences conjugales. Les centres médicaux permettent des consultation sur la contraception et la gynécologie, gratuites.

Un des droits fondamentaux des êtres humains, et plus particulièrement des femmes du fait qu’elles sont les seules à porter des enfants, est la maîtrise de leur corps. Il est donc vital, pour qui a à coeur le bien être et l’élévation de la population d’un pays, d’apprendre aux jeunes toutes les connaissances nécessaires à leur épanouissement intellectuel et sexuel, car à travers les consultations et les écoutes, se dessine la relation à l’autre, plus globalement les relations entre hommes et femmes.

Quand je parle de “jeunes”, je m’adresse aux deux sexes :

- Les jeunes filles sont là pour apprendre à maîtriser leur corps, leur sexualité, se protéger des MST et des grossesses non désirées.

- Les jeunes hommes sont aussi là pour apprendre à devenir responsables, se protéger des MST et pour ne pas avoir à assumer une parentalité non désirée.

“On” me trouvera peut être dure. “Qu’avez vous contre les enfants ?”, me dira-t-on ? J’imagine très bien Mme Boutin la larme à l’oeil, me posant la question. Rien. Je n’ai rien contre les enfants, au contraire je suis profondément convaincue qu’ils sont l’avenir de notre pays, l’avenir du monde… Avoir un enfant doit donc être une décision mûrement réfléchie pour pouvoir offrir le meilleur à une vie qui s’annonce. C’est bien pour ça que ce ne sont pas des personnes encore enfant elles mêmes qui doivent en avoir…

De nos jours, malgré les progrès ténus faits en ce domaine, ce sont encore en majorité les mères qui éduquent les enfants. Pour cela, elles doivent être éduquées elles mêmes. Un pays commence à sortir de l’obscurantisme et du marasme quand il permet à ses femmes de sortir de l’état de poule pondeuse. Ces propos en choqueront sans doute plus d’un, mais ne pas donner le choix à une femme concernant une grossesse, que ce soit par manque d’information, manque de moyens ou le fait de la lui imposer, revient à la réduire à l’état d’utérus. Car si elle n’a pas les moyens de maîtriser sa contraception, ce sont des grossesses à répétition qui l’attendent, avec le cortège de complications que ça peut entraîner, pour la mère comme pour les enfants.

Que l’on soit bien d’accord sur une chose : si une femme, en toute connaissance de cause, choisit d’avoir un enfant par an, ça ne me dérange aucunement. Du moment que c’est un choix personnel. Or, sans éducation et sans information, ça ne peut pas être un choix, puisqu’il n’existe pas d’autre possibilité.

J’ai résumé ici les conséquences selon moi d’une contraception non maîtrisée avec grossesse menée à terme. Mais toutes ne seront pas menées à terme, loin de là. Le planning familial emploie aussi des médecins qui conseillent et informent les femmes sur la possibilité et les différentes méthodes d’avortement possible. Ce qui, je crois pouvoir l’affirmer sans me tromper, ne doit pas beaucoup plaire à un gouvernement qui met en place depuis sa nomination la politique la plus réactionnaire jamais vue depuis longtemps. Cette diminution de budget est la preuve de l’attachement de ce gouvernement à l’éducation des jeunes, à leur émancipation, en général et sur la sexualité… Mais peut être certains membres du gouvernement préfèrent-ils la version des choux et des fleurs ? Version qui n’aide pas vraiment à affronter la réalité quand elle se présente.

La diminution de l’information sur la contraception et l’avortement entraînera une augmentation des grossesses non désirées, donc mécaniquement une augmentation des avortements. Si les jeunes filles ne sont pas prises en charge, elles se débrouilleront toutes seules, et risqueront au mieux leur fertilité (un avortement mal conduit peut avoir la stérilité pour conséquence), au pire leur vie (hémorragie interne ou infection possibles). Sans parler du fait, même si tout se passe bien du point de vue biologie, des inévitables conséquences psychologiques…Oui, avant de qualifier la femme qui avorte de “meurtrière” (je reprends ici la rhétorique nauséabonde des anti-avortements), il faudrait commencer à penser à ce qu’elle ressent, et à la douleur de devoir prendre une telle décision. Peu importe la vie qu’aura l’enfant, pour ces personnes, du moment qu’il naît, n’est ce pas…

Pour revenir à un registre plus léger, il y a un argument, avancé par notre ami Benoît XVI, auquel on pourrait penser pour éviter tous ces tracas : l’abstinence…. Evidement, si la sexualité disparaît totalement au profit de la procréation, le problème est réglé. On fait l’amour uniquement pour faire des enfants, une fois trouvée la personne avec qui on désire en faire (heureusement que la grossesse dure neuf mois…).
Et le plaisir dans tout ça, benoît ? Et l’épanouissement ? Ah non hein, puisque nous sommes censés mener une vie de douleur avant de nous retrouver à la droite du Seigneur une fois morts…

Encore une fois, c’est une question de choix. Le mien est fait, et il est celui de la libre sexualité entre personnes consentantes et informées. Je me permettrai également cette petite pique : ceux qui renoncent à la sexualité et au plaisir sexuel ne savent pas ce qu’il perdent…;o)
A moins bien sûr qu’ils n’aient une vocation qui sublime cet aspect de la vie.

De plus, je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a une discrimination dans l’argument présenté ci dessus, car il faut bien être conscient qu’une sexualité non maîtrisée n’a pas les mêmes conséquences en fonction du sexe. Si l’on se penche sur la maîtrise des conséquences, l’abstinence serait donc réservée aux femmes, sauf celles “destinées” (dans ce contexte, quel vilain mot) à assouvir les “besoins physiologiques” des hommes.

Je vois donc dans cette mesure un recul des droits de la femme, un mépris de la femme et une volonté à peine déguisée de la cantonner à un rôle d’enfantement et de maternité. Plus globalement il s’agit de limiter l’être humain dans les choix qu’il peut faire concernant son existence.

Pour bien synthétiser les choses, faisons une liste (non exhaustive) des conséquences de cette mesure si elle est avérée :
- Augmentation du nombre de grossesses non désirées.
- Augmentation du nombre d’avortements.
- Ré-apparition des conséquences dramatiques des avortements non encadrés : physiques (stérilité, infection, hémorragie, mort) et psychique (dépression et autres…)
- Propagation des MST dont le SIDA.
- Diminution de la prise en charge des personnes victimes de violences conjugales (thème que je n’ai pas développé mais qui a une très grande importance) donc augmentation du nombre de personnes en souffrance et des conséquences type “mort sous les coups du conjoint”
- Diminution de la prise en charge gynécologique de la population féminine, et ses conséquences sur la santé.

A plus long terme, et corrélé à d’autres facteurs (comme l’idée stupide de revenir à la non mixité dans les écoles) :
- Les hommes et les femmes ne sauront plus comment se comporter les uns avec les autres ce qui entraînera une augmentation des violences contre les femmes.
- Le pays s’enfoncera dans l’obscurantisme.

Et je n’ai même pas abordé toutes les activités du planning familial ni celles qui se situent hors de France.
Ca nous concerne tous, hommes comme femmes.

Alors, incompétence ? Malveillance ? Les deux ? A l’énoncé de cette mesure, je n’ai qu’une chose à dire : Messieurs et Dames du gouvernement…Bravo. Vous vouliez une place dans l’Histoire de France ? Vous l’avez.
Ainsi que mon plus profond dégoût.Ce qui, je n’en doute pas, ne vous fait ni chaud ni froid.

Rajout : Aux dernières nouvelles, Saint Hortefeux aurait reculé sur cette mesure, et le budget du planning familial serait maintenu. Cela dit, si c’est le même “recul” que tous les précédents, soit feindre de reculer face à la levée de boucliers pour faire passer la mesure une fois l’attention détournée…

L’avenir du planning familial reste incertain, et il dépend de notre détermination.


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