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Nicolas 1er en Amérique
Par unclavesien le 24 septembre 2009


Notre Bien-Aimé Nicolas 1er, déployant son zèle pour le bien de l'empire Franchois, s'en est allé guerroyer dans la lointaine Amérique. On le vit hier, armé de son seul verbe audacieux, livrer bataille aux mauvais génies évanescents qui tourmentent la planète, souillent la pure fontaine du capitalisme. Comme si cela ne suffisait pas à sa vaillance, à peine sorti du champ de bataille que l'on appelle là-bas l'ŒNU, épuisé, notre vénéré Empereur trouva encore la force d'accorder un entretien sur les choses d'ici et d'autre part, aux caméras de Télé-Nicolas. La quasi totalité des loyaux sujets Franchois purent ainsi l'entendre évoquer le jugement en cours dans notre pays, de l'ancien Premier sapir de la gueuse, et apprécier sa retenue légendaire.
«En toute indépendance, les enquêteurs ont décidé que les condamnés devaient être traduits devant le tribunal impérial… En bien, moi, je vous dis un truc: je fais totalement confiance à ma justice. Si elle décide qu'il doit être simplement châtré, ou décapité, au lieu d'écorché vif comme il le mériterait, moi j'écouterai ma justice»…
Tous les témoins de l'entretien, comme le journaliste du Journal, les gens de Télé-Nicolas, et plusieurs personnes de la cour, ne purent retenir les larmes d'émotion qui leur vinrent aux yeux devant la beauté de l'âme impériale. Le téléspectateur Franchois attentif se souvient certainement de tout ce qui coula ensuite de la bouche bien-aimée, nous n'y reviendrons pas. Par contre, notre conscience de chroniqueur nous engage à relater, pour l'édification des générations futures, un incident qui survint à la fin de l'audience télévisée. Il faut savoir que le Sapir des choses du dehors était présent, et qu'il se permit de contrarier Sa Majesté sur un point de détail. Il s'agissait d'une appréciation portée publiquement par Nicolas 1er sur les chaussures d'un haut dignitaire d'une théocratie orientale: de vrais esclaffe-merdes!
«S'il m'est permis de me mettre un bref instant à votre place, Sire, il eut mieux valu que je prononçasse: de vraies péniches! C'eut été plus diplomatique…
—Mais t'es pas à ma place, Ménard… Alors tu la fermes, je sais ce que j'ai à dire! Non mais, tu les as vues, ses pompes? Moi, je voudrais même pas que mon jardinier, il mette des saloperies pareilles.
—Ce n'était qu'une humble remarque, ô mon Empereur!»
C'est à ce moment là que Lilette Sabot qui avait interviewé le Bien-Aimé, crut judicieux d'intervenir pour détendre l'atmosphère:
«On pourrait organiser sur Télé-Nicolas une discussion entre vous à propos des souliers, dit-elle en souriant.
L'empereur darda sur elle un regard calcinant sous lequel la malheureuse s'embrasa aussitôt, puis s'éteignit, plus pâle qu'un suaire antarctique.
—Non, mais de quoi elle s'occupe, la pétasse? Tu ferais mieux d'avoir des idées pour de bonnes émissions politiques, tiens! Il passe jamais rien de bon à l'antenne. Quand j'ai envie de regarder un truc un peu couillu sur la politique, faut que je regarde la télé française, un comble! Heureusement que j'ai mon abonnement satellite, sinon… T'as envie que je te fasse raccourcir, c'est ça? Parce que, faut le dire, hein!
—Pardon, Majesté, gémit la pauvre Lilette en se tordant les mains.
—Les idées, c'est pourtant pas ce qui manque, nom d'un chien! Tiens, tu pourrais mettre un député de l'opposition armé d'un cure-dent, à poil dans des arènes. Il devrait combattre un député impérial à cheval, équipé d'un sabre ou d'une lance… Ça, ça serait chouette, au moins!
—Majesté, il n'y a que deux députés dans l'opposition, nous ne pourrions faire que deux émissions, objecta Lilette qui suait la peur par tous les pores.
—Mouais, c'est pour ça que vous leur donnez la parole autant qu'à une armée de révolutionnaires? On n'entend qu'eux, on ne voit qu'eux sur Télé-Nicolas, tout le monde s'en plaint!
—Une minute et demi par trimestre, Majesté, c'est vous même qui l'avez décidé. Et puis nous avons aussi des émissions politiques: la semaine dernière encore le bon Saint Henri, votre conseiller, est venu raconter une histoire en direct…
—Arrête de faire ta raisonneuse! Je veux un peu plus de justice à l'antenne, c'est tout. À l'avenir, 55 secondes pour l'opposition, ça sera suffisant, compris?
—Oui, Majesté, vos ordres sont mes désirs!»

source lointaine d'inspiration

P-S, sur son blog, Le brise-glace, Constance nous invite à signer une pétition mondiale pour la défense du climat (en Anglais), initiée par Ban Ki Moon, Secrétaire général de l'ONU.

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